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| Dominique Dupilet et Michel Lefait. |
Figure imposée pour le président du conseil général du Pas-de-Calais : la cérémonie des vœux à la presse. Elle s’est déroulée lundi soir – 28 janvier 2013 –
à l’hôtel du Département. Mais « figures libres » quant à la teneur des propos de Dominique Dupilet. Très libres. Le président a ainsi taclé la Région, « l’ogre régional » dit-il, devant
lequel le Pas-de-Calais se retrouve souvent comme un « Petit Poucet »… que l’ogre n’hésite pas à mettre à contribution. « On nous demande alors d’être des supplétifs financiers, pour
le Louvre-Lens ou pour le stade Bollaert » a lâché Dominique Dupilet. Allusion à la participation de 10 millions d’euros pour la rénovation du stade de football ; aux 10 millions investis
pour le musée sans oublier le million d’euros annuel pour son fonctionnement.
Région encore montrée du doigt dans le cadre du transport des lycéens : « Le conseil régional paie pour les lycéens du Nord et nous devons payer pour ceux du
Pas-de-Calais. Si nous ne trouvons pas un accord, nos lycéens devraient payer le bus dès la rentrée prochaine ». Petits coups de griffes destinés avant tout à mettre en lumière la nécessaire
« harmonisation de nos politiques ». Le conseil général du Pas-de-Calais a d’ores et déjà opéré un rapprochement avec son voisin du Nord, une session commune est prévue en juin.
Harmonisation entre les différentes collectivités que Dominique Dupilet espère voir émerger du nouvel acte de décentralisation. « Nous sommes très attentifs. La clause générale de compétence
sera maintenue pour les départements… Aucune collectivité ne doit prendre la pas sur l’autre et il faut veiller à la notion de chef de file ». En clair, le partage des compétences ne doit
pas être pris à la légère. La nouvelle loi de décentralisation verra aussi l’arrivée du conseil départemental remplaçant le conseil général. Et l’élection – en 2015 et pour six ans - des
conseillers départementaux au scrutin binominal paritaire : un homme et une femme sur un grand canton. « Cela va radicalement transformer la vie de l’assemblée départementale, a estimé
Dominique Dupilet. Il y aura 38 femmes au lieu de 7 actuellement… et 38 hommes au lieu de 70 ! » Une véritable révolution politique avec « de la pression dans l’air et des têtes à
couper ». Pas facile d’expliquer aux élus les plus anciens qu’il faut faire place nette et laisser le champ libre aux jeunes et aux femmes : « Nous y allons avec prudence et doigté
» a souligné le président du conseil général qui se penche aussi sur le redécoupage des cantons – la loi prévoyant de diviser par deux leur nombre actuel. « Nous y allons à pas mesurés.
»
Intégrité garantie
Autre tacle du président Dupilet, encore plus appuyé, sur les médias nationaux cette fois qui mettent dans le même bain tous les socialistes du département : «
Nous espérons en 2013 ne pas trop souffrir de l’image des socialistes du Pas-de-Calais ! Il y a des cas particuliers mais nous ne sommes pas tous concernés et cela prête à confusion au niveau
national. La mise sous tutelle décidée pour la fédération socialiste du Pas-de-Calais n’a plus de raison d’être… Je me porte garant de l’intégrité des membres du conseil général. Nous avons en ce
moment un ministre par semaine dans le département et ils viennent sans crainte, sans risque d’éclaboussure. Je veux que tout cela soit derrière nous et que l’on parle de nos points positifs.
» Du positif, il y en a eu en 2012 et Dominique Dupilet est revenu sur cette année « tout à fait intéressante » avec les Jeux olympiques de Londres et la concrétisation des
engagements du conseil général, l’inscription du Bassin minier au patrimoine mondial de l’Unesco, l’inauguration du Louvre-Lens… et le président a précisé que la bonne presse américaine du musée
était en grande partie due aux efforts du conseil général qui s’était déplacé à New York ! Aujourd’hui, comme bon nombre d’observateurs des « tendances », le président est convaincu que le noir
et la brique seront à la mode : « le Pays noir après la Grande bleue ! » Mais il y a « encore beaucoup de travail de notoriété sur l’ensemble du Bassin minier ».
Corne d'aurochs et Carlton !
2012 a vu la création d’un syndicat mixte pour le déploiement du haut débit ; l’adoption d’un plan départemental du boisement (outil pour « régler les conflits
locaux avec le monde agricole »), d’un plan départemental de la ressource en eau, du pacte départemental pour la jeunesse ; l’installation du conseil départemental de l’économie sociale et
solidaire… Bien décidé ce lundi soir à ne pas se voiler la face, Dominique Dupilet a ensuite abordé les « sujets de souffrance » : une hausse de 9 % du nombre de demandeurs d’emploi dans
le Pas-de-Calais en 2012, les inondations récurrentes, le retrait du trait de côte – visible dans la baie de l’Authie. Sans faire fi de ces difficultés, le conseil général veut « avancer » en
2013, maintenant son investissement à hauteur de 220 millions d’euros, continuant ses travaux routiers, la rénovation de ses collèges (avec toutefois un petit souci à Beaurainville où la
découverte exceptionnelle d’une corne d’aurochs et la mise en place de fouilles repoussent de deux ans la construction d’un nouvel établissement). Avancer avec le soutien de l’État, « avec
qui nos relations sont beaucoup plus faciles qu’avant » a avancé D. Dupilet, notamment sur les dossiers des mineurs étrangers, de la dépendance. « L’attention du président Hollande au
Pas-de-Calais est réelle. Ses ancêtres sont de chez nous ! »
Figures libres pour entrer dans une année 2013 sans élections… Elles seront en revanche très nombreuses les années suivantes. Tranquillité et sérénité pour avancer.
Pour positiver ? Et partir à l’offensive pour soigner l’image de marque du Pas-de-Calais. Une cérémonie de vœux à la presse sous le signe des figures libres et un triple saut final parfaitement
exécuté par le président du conseil général : « Il n’y a pas d’hôtel Carlton dans le Pas-de-Calais, j’ai vérifié ! »
Texte : Christian Defrance / Photo : Bernard Queste
URL courte : www.echo62.com/actu3512

Je tiens tout
d’abord à vous présenter mes vœux les plus chaleureux pour cette année nouvelle, avec l’espoir et la volonté forte que malgré le contexte actuel difficile, nous fassions ensemble que 2013 soit
une année de Solidarité, de Justice.
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