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Une circulaire détaille les modalités de versement de la compensation relais se substituant à la taxe professionnelle.
La taxe professionnelle ayant été supprimée, de nouvelles impositions en remplacement ont été mises en place par le législateur. Ces dernières seront perçues dès 2010 auprès des entreprises, et les collectivités territoriales et leurs groupements bénéficieront du nouveau schéma de fiscalité locale en 2011. Un mécanisme transitoire a donc été mis en place.
Dans ce cadre, une circulaire détaille les modalités de versement de la compensation relais se substituant à la taxe
professionnelle.
Ainsi, dès le mois de janvier, un arrêté d’acompte de compensation relais correspondant au montant du produit de taxe professionnelle 2009 perçu par chaque collectivité territoriale et établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre doit être pris par le préfet. Puis il devrait prendre un second arrêté de versement de cette compensation.
Circulaire du 13 janvier 2010 n°IOCB1000487C sur la compensation relais se substituant en 2010 à la taxe professionnelle à verser aux collectivités locales et aux établissements publics de coopérations intercommunale du Ministre de l’intérieur, de l’outre mer et des collectivités territoriales
La Gazette.fr
Pierre Izard, président du conseil général, l'avait annoncé depuis octobre. Pas question de présenter à la discussion de ses collègues conseillers généraux un budget départemental 2010 - comme il le fait chaque année à la mi janvier- sans connaître avec précision le niveau des recettes. C'est donc sur de simples orientations budgétaires que l'assemblée départementale était appelée à débattre hier après-midi.
Des orientations à partir d'un constat en trois dimensions : baisse du produit de fiscalité directe (droits de mutation) liés à la crise de l'immobilier ; suppression de la taxe professionnelle ; progression inexorable des dépenses sociales et surcoûts de décentralisation, non compensés par l'État.
Pourtant, Pierre Izard exhorte ses collègues à ne pas baisser les bras et de « croire en l'avenir de la Haute-Garonne ». Un plaidoyer pour situer le rôle et les actions déterminantes du conseil général ; institution menacée par le projet de réformes sur les collectivités locales. Le président s'en montre le fervent avocat pour défendre la politique d'investissement au service de la Haute -Garonne et de ses territoires mais aussi de l'économie locale, ainsi que des 589 communes et leurs forces vives.
Convaincu de l'utilité et de l'avenir du service public, Pierre Izard rejette le projet de réformes des collectivités territoriales. « C'est une entreprise de démolition de la démocratie locale » affirme t-il. Ses collègues l'ont suivi à l'unanimité.
Présentée par Bertrand Auban, au nom des élus socialistes, PRG et communistes, la résolution contre la réforme de la taxe professionnelle et ses conséquences pour les finances départementales, a recueilli tous les suffrages de l'assemblée.
Les conseillers généraux de Haute-Garonne demandent ainsi officiellement la révision du dispositif de suppression de la taxe professionnelle. « Cette réforme précipitée affaiblit l'action des collectivités qui se transforment en gestionnaires de dotations, délivrées selon le bon vouloir de l'État central » résume Bertrand Auban.
Pour le conseil général de Haute Garonne, la réforme est en contradiction avec la constitution de la République. Celle-ci stipule que les collectivités s'administrent librement et qu'elles doivent disposer d'une part substantielle de ressources autonomes. « C'est pour un élu un acte politique noble et responsable que de voter une fiscalité locale » commente Pierre Izard ainsi autorisé à saisir un juge constitutionnel et déposer un recours comme l'envisagent de faire plusieurs présidents de départements.
En votant à l'unanimité cette « motion de défiance », les élus ont stigmatisé les effets « pervers économiques » de l'abolition de la « TP » dont les ressources venaient nourrir la création économique par l'investissement. Depuis les premiers temps de la décentralisation, les collectivités ont multiplié les initiatives de développement local, générant ainsi le dynamisme de l'économie en créant des zones d'activités, en incitant les entreprises à s'installer. « Ces politiques ont un coût. Sera t-il encore acceptable pour les élus et les contribuables alors que le « retour sur investissement » ne sera plus assuré à travers la taxe professionnelle ? » interroge le président.
Enfin pour les élus départementaux, l'abolition de « la TP » dans les conditions votées par le parlement expose la Haute Garonne à un triple risque : « la baisse de qualité du service public local ; le risque d'un transfert de charges des entreprises vers les ménages ; un puissant facteur de délitement des politiques économiques locales ».
- La suppression de la taxe professionnelle qui représente 45 % de la fiscalité locale entraine au budget 2010 une perte de recettes fiscales pour le conseil général de 245 millions d'euros. Grâce à cette ressource, le département réalise d'ordinaire 75% de l'investissement public en Haute-Garonne, alors que le fonctionnement réprésente 20% des dépenses publiques.
Inexorablement, les dépenses sociales sont à la hausse : plus 30 millions d'€ de dépenses liées au RMI et au RSA (revenu de solidarité actif). La progression des dépenses consacrées à l'APA ( Allocation personnalisée d'autonomie) est de plus de 7 millions d'€.
«La compensation à l'euro près par l'Etat est une promesse non tenue» affirme Pierre Izard «Les surcoûts cumulés de la décentralisation s'élèvent à 400 millions d'€ depuis 2004. Rien qu'en 2010, l'ardoise est estimée à 170 millions d'euros».
La Depeche.fr
L'AMF vient de mettre en ligne une note de synthèse sur la suppression de la taxe professionnelle.
Le gouvernement a présenté au Parlement, cet automne, son projet de suppression de la taxe professionnelle, avec comme objectifs:
- de favoriser la compétitivité des entreprises françaises - en particulier celle des industries - et l’attractivité du territoire,
- d’assurer une compensation intégrale aux collectivités, tout en maintenant le lien entre les collectivités locales et les entreprises,
- de moderniser la fiscalité locale, en la spécialisant et en la simplifiant,
- de respecter le principe constitutionnel d’autonomie financière.
Après les travaux réalisés en commun par l’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et l’Association des régions de France, le Bureau de l’AMF ainsi que les
instances des différentes associations représentant les maires et les présidents de communautés, avaient demandé à plusieurs reprises:
- que le bloc communes-communautés - ou pour le moins les communautés - perçoivent également une part de la cotisation sur la valeur ajoutée, répartie en fonction de critères à déterminer (et que
les départements puissent par exemple bénéficier en contrepartie d’une fraction de la CSG),
- que le lien fiscal entre territoires et entreprises soit maintenu, de même que l’équilibre global entre les impôts ménages et économiques,
- que soit saisie cette occasion pour mettre en place, au niveau national, une véritable péréquation,
- que la réforme de la taxe professionnelle soit la première étape d’une réforme d’ensemble de la fiscalité locale.
Le texte définitif adopté dans la loi de finances comprend les avancées obtenues par les associations de bloc local et comporte sept articles (2, 3, 4, 76, 77, 78 et 79), présentés dans la note
de synthèse sous une forme proche de la structure figurant dans le projet de loi de finances initial:
préambule: présentation des 3 futurs rapports et des adaptations de la loi qui devront en découler,
- volet 1: la nouvelle contribution économique territoriale (CET), son plafonnement, et la cotisation foncière des entreprises
(CFE),
- volet 2: la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE),
- volet 3: l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER),
- volet 4: les nouvelles règles d’affectation des ressources fiscales,
- volet 5: les règles de liens et de plafonnement de taux et la participation de la CET au plafonnement de la valeur
ajoutée,
- volet 6: le transfert d’impôts d’État vers les collectivités locales,
- volet 7: la compensation-relais 2010, les taux de référence 2010 et la future péréquation,
- volet 8: les dispositions transitoires: régime des délibérations fiscales à compter de 2010, date limite de vote des budgets
primitifs en 2010 et 2011,
- volet 9: les dispositions diverses: allocations compensatrices, suppression du prélèvement France Télécom, impositions levées par
les établissements publics fonciers et les syndicats à contributions fiscalisées,
- volet 10: la « légistique ».
Pour accéder à la note de synthèse, voir lien ci-dessous.
La commission des finances du Sénat vient de publier une note de quatre pages exposant les modalités de mise en œuvre de la
suppression de la taxe professionnelle. Ce document synthétise les dispositions applicable en 2010 tant du point de vue des entreprise que des collectivités locales. Rappelant que pour les
collectivités territoriales, l’année 2010 sera une année de transition puisque l’Etat percevra le produit des nouveaux impôts et leur versera une «compensation-relais», elle décrit ensuite les
effets de la réforme pour les collectivités territoriales à compter du 1er janvier 2011.
Par ailleurs, elle aborde les dispositifs de péréquation dans la réforme de la TP en distinguant le régime des dotations de
péréquation versées par l’Etat des dispositifs de péréquation alimentés par les recettes fiscales des collectivités territoriales. Ainsi, la loi de finances pour 2010 garantit que la suppression
de la TP n’aura pas d’impact sur le fonctionnement en 2010 des Fonds départementaux de péréquation de la taxe professionnelle (FDPTP) et du Fonds de solidarité de la région Île-de-France (FSRIF).
Elle prévoit également qu’en 2010 devront être mis en place des mécanismes de péréquation similaires permettant, à compter de 2011, la survie de dispositifs de péréquation portant sur des
montants au moins équivalents.
Par ailleurs, elle indique que la loi de finances pour 2010 prévoit la création de fonds de péréquation de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) pour les départements et les
régions.
La note revient aussi sur les obligations fixées par la loi au Gouvernement:
- en matière de simulations détaillées à fournir dès le premier semestre 2010, mais aussi lorsque les compétences des collectivités évolueront;
- pour l’adaptation et l’ajustement des dispositions votées, dans des dispositions législatives qui seront examinées à la fin du premier semestre 2010 ou intégrées dans les projets de lois de
finances 2011 et
2012.
Pour accéder à la note, voir lien ci-dessous (PDF, 468 Ko).
Selon les
premières estimations, les grands gagnants de la suppression de la taxe professionnelle seraient les territoires essentiellement résidentiels. Mais attention, l'avantage qu'ils prennent sur les
autres devra se confirmer, notamment après la révision des valeurs locatives. Une journée organisée par l'Assemblée des communautés de France en a témoigné.
Le gouvernement garantit que la suppression de la taxe professionnelle ne fera "aucun perdant" parmi les collectivités territoriales, "ni en 2010, ni en 2011". "Photographiquement, il n'y a pas de perdants," acquiesce Nicolas Portier, délégué général de l'Assemblée des communautés de France (ADCF), qui organisait, le 13 janvier à Paris, une journée sur la réforme et ses conséquences.
Après 2011, en revanche, la situation sera différente. En ce qui concerne les communautés - la remarque doit être valable pour les
communes - certaines auront, à l'avenir, moins de recettes de nature fiscale qu'avant la réforme et, en plus, des ressources en principe moins dynamiques. Ces "perdants" sont essentiellement les
territoires qui accueillent des industries lourdes. Comme la communauté urbaine de Dunkerque, qui "va perdre plus de 60% de sa masse fiscale et obtiendra en retour des compensations". Des
communautés comme celles du Grand Lyon, de Grenoble, Salon-Étang de Berre Durance, où l'industrie représente une proportion importante des bases fiscales, vont également être très impactées.
D'autres communautés, majoritaires en nombre, vont tirer leur épingle du jeu, "parce que la taxe d'habitation et la future cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises sont bien réparties
géographiquement", explique-t-on à l'ADCF. Parmi ces intercommunalités, il y aura aussi des "supergagnants". Ce sont des territoires essentiellement résidentiels ou touristiques, comme la
communauté de la Riviera française qui regroupe les communes de Menton et des environs. Celle-ci va voir ses recettes fiscales grimper de près de 50%, "bien sûr avant écrêtement" (au titre du
Fonds national de garantie), précise Nicolas Portier.
"Variable d'ajustement"
Le gain de fiscalité enregistré par certaines communautés sera d'autant plus important que leurs valeurs locatives sont fortes, et
qu'en plus une part départementale de taxe d'habitation au taux élevé leur sera transférée, précise le délégué général de l'ADCF.
Jean-Pierre Balligand, député-maire de Vervins (Aisne) s'inquiète, lui, du niveau des ressources fiscales dont bénéficiera sa commune "après 2012". Elle percevra certes, dans un premier temps, un
montant de ressources équivalent à celui d'aujourd'hui (un peu plus de 2 millions d'euros), mais seulement grâce au fonds national de garantie individuelle des ressources (FNGIR), qui
interviendra à hauteur de 136.000 euros. Une dotation budgétaire de 18.000 euros complétera le tout. Le problème ? "L'Etat n'a pas la capacité de garantir des dotations de compensation
importantes. Je n'y crois pas", souligne-t-il. Sa crainte : que les dotations aux collectivités locales deviennent "la variable d'ajustement" du budget d'un Etat miné par les déficits. Les
clauses de revoyure votées par le Sénat pour ajuster la réforme à la situation des collectivités ne vont rien changer à la donne, poursuit le député. "Ces clauses ne sont pas faites pour corriger
les cadeaux faits aux entreprises", explique-t-il. "Elles sont prévues pour ajuster la ventilation des nouvelles ressources entre les collectivités." En clair : il n'y aura pas un centime de plus
pour les collectivités locales dans leur ensemble.
Les élus dont les territoires sortent "gagnants" de la réforme ont des raisons de sourire. C'est le cas de Jean-Marc Nicole, président de la communauté d'agglomération Val-de-Bièvre. Les 45
millions d'euros de taxe professionnelle perçus par cette intercommunalité du sud de Paris vont être compensés en 2011 par 57 millions d'euros de ressources fiscales. Ce qui la conduira à
reverser 12 millions d'euros au Fonds national de garantie.
Valeurs locatives
L'élu reste pourtant prudent. "Comment demain va être calculé le potentiel financier ? Comment la richesse va-t-elle être appréciée
sur notre territoire ?", s'interroge-t-il, évoquant ainsi l'un des chantiers que lancera, cette année, le ministère de l'Intérieur. "Les communes membres de l'intercommunalité, qui sont éligibles
à la dotation de solidarité urbaine (DSU) et au fonds de solidarité des communes de la région d'Ile-de-France (FSRIF) continueront-elles à percevoir ces ressources ?", poursuit Jean-Marc Nicole.
"Ne demanderont-elles pas à la communauté l'application d'un mécanisme de solidarité que celle-ci ne pourra mettre en place à cause de l'écrêtement de ses ressources ?", conclut-il.
Autre sujet d'inquiétude pour le Val-de-Bièvre : la révision des valeurs locatives, autre chantier de 2010, qui devrait se traduire, sur ce territoire, par un "moins bon rendement fiscal"
qu'aujourd'hui. De nombreux immeubles - souvent des logements sociaux – ont en effet conservé des valeurs locatives élevées, bien supérieures à ce qu'elles devraient être.
"Nous devons avoir une interrogation sur le dynamisme futur des valeurs locatives, dans une période de chute de la construction", ajoute Nicolas Portier, qui insiste sur le caractère aujourd'hui
fondamental de ces données et l'"enjeu déterminant" de leur modernisation. "Avec les quelque 5 milliards d'euros de la part départementale de taxe d'habitation transférés aux communes et
communautés, les assiettes fiscales de celles-ci seront très massivement concentrées sur les valeurs locatives." Soulignons, au passage, qu'avec cette nouvelle ressource, la fiscalité mixte -
reposant à la fois sur les entreprises et les ménages - va de facto se généraliser. Un profond séisme pour l'intercommunalité.
Les simulations sur les effets de la suppression de la taxe professionnelle mises en ligne en fin de semaine dernière sur le site de Bercy étonnent certains élus. Comme ce président d'une communauté de communes du Puy-de-Dôme témoignant qu'il a "de la peine à y croire". "J'étais inquiet sur l'évolution de nos rentrées fiscales et nos ressources vont finalement être écrêtées", déclare-t-il.
Les simulations sont "des estimations" effectuées à partir de données concernant l'année 2008, rappelle Marie-Christine Lepetit, directrice de la législation fiscale au ministère de l'Economie. "Prenez ça comme un premier ordre de grandeur et pas comme le nec plus ultra", avertit-elle.
Localtis.Info
Le 6 janvier à Cholet, lors de la présentation de ses voeux aux forces économiques de la nation, le Président de la République est revenu sur trois dossiers qui
concernent les collectivités locales.
Concernant la suppression de la taxe professionnelle, il déclare assumer «la totale paternité» de cette réforme et a réaffirmé qu’il avait fait «le choix de
l’industrialisation de notre pays». «Depuis 30 ans, tout le monde était d’accord pour dire que la taxe professionnelle était un impôt antiéconomique», a-t-il souligné avant de rappeler que «la
France a perdu 500.000 emplois industriels sur les dix dernières années» et qu’il ne pouvait «assister les bras croisés à ce phénomène».
Le second sujet impliquant les collectivités locales porte sur «l’équilibre de nos finances publiques» qui sera abordé à la fin du mois de janvier lors de la
conférence sur le déficit public à laquelle sont conviées les collectivités locales. Problème pour lequel il refuse «la solution de l’augmentation des impôts. Nous avons 40% de taux de
prélèvements obligatoires, nous sommes parmi les pays où les impôts pèsent le plus lourd sur
l’activité».
Selon Nicolas Sarkozy, la solution à cette question est de «diminuer le poids de la dépense publique» qui représente «la moitié de notre richesse nationale, 10
points de PIB de plus que chez nos amis allemands». A cet égard, il a mis indirectement en cause la gestion des collectivités locales en disant «des choses qui ne vont pas faire plaisir» tout en
soulignant qu’il était de son «devoir de les dire» et en soulignant, une nouvelle fois que «les effectifs de l’Etat ont augmenté de 14%, et ceux des collectivités locales de 74%». Ne pouvant «pas
accepter que l’essentiel de la richesse que nous créons chaque année serve à financer les dépenses publiques», il a appelé à «dépenser moins et mieux, pour améliorer l’efficacité de nos services
publics».
Enfin, il a indiqué qu’il «conduirait jusqu’au bout» la réforme des collectivités territoriales, qui va «diminuer par deux le nombre d’élus». Mais il s’agit de
«mettre de la cohérence entre département et région».
Pour accéder au discours, voir lien ci-dessous.
Le conseil général du Pas-de-Calais (PS) vient de lancer une pétition contre la disparition de la taxe professionnelle. Dominique Dupilet,
son président, évoque «une mise au pas des collectivités locales», et estime «les habitants menacés».
Pourquoi lancez-vous cette pétition
?
On a laissé croire que la réforme de la taxe professionnelle ne concernait que les élus. Pourtant, les habitants sont directement
concernés. Le manque à gagner généré par la disparition de la taxe professionnelle, 275 millions d’euros par an, sera reporté sur les derniers impôts qui restent. C’est à dire sur les ménages,
en particulier la taxe sur le foncier bâti. Dans un département comme le Pas-de-Calais, seule la moitié des gens paient les impôts. Ce qui veut dire qu’on va faire porter deux fois la note sur
eux. C’est très injuste.
Allez-vous faire des économies
?
Oui. Nous allons devoir économiser sur des prestations qui permettent de créer un lien
entre les habitants : la culture, le sport, les aides aux communes rurales. Toutes sont des compétences non-obligatoires. A côté de cela, nous devons payer des charges que l’Etat devrait
supporter : sur le RSA, 180 millions d’euros, 70 000 bénéficiaires, l’Etat doit au conseil général du Pas-de-Calais 8 millions d’euros, simplement pour les six derniers mois, entre juillet et
décembre. Quand M. Besson, à grands renforts de trompettes, fait raser la jungle de Calais, je récupère 250 mineurs dans les centres d’accueil. Une dépense supplémentaire de 3 millions que
l’Etat ne me rembourse pas.
Quelle est votre analyse politique de la situation
?
A force d’être étranglés, nous allons devoir nous replier sur nos compétences obligatoires : les collèges, les routes
départementales, et la solidarité envers les publics handicapés, personnes âgées, enfance en difficulté, personnes en difficulté sociale. Des compétences qui à l’heure actuelle nous mangent la
moitié du budget, 700 millions d’euros.
En quoi cela pose-t-il problème
?
Mais en quoi vais-je avoir besoin d’une assemblée départementale pour expédier mes
dépenses obligatoires, financées sur des dotations d’Etat ? On étrangle les conseils généraux. Vous verrez qu’on constatera rapidement que nous ne servons plus à rien.
La taxe professionnelle disparaît, la taxe d’habitation devrait suivre en 2011. On restreint les marges de manœuvre, on restreint les possibilités en matière d’aménagement du territoire, qui
sont des facteurs de cohésion sociale. Les habitants qui n’avaient pas les moyens d’aller à Paris ou à Lille pour voir un opéra ou aller au théâtre, que vont-ils faire ? Ils ne verront plus du
théâtre à domicile. Et est-ce que le Pas-de-Calais aura encore les moyens de financer deux équipes de foot en L1 ? J’estime que les habitants sont menacés.
Mais le gouvernement évoque une compensation de la taxe
professionnelle…
L’abrogation de la taxe professionnelle sera compensée en 2010, mais ensuite, l’Etat
institue un nouvel impôt dont on ne sait pas du tout ce qu’il va donner. Bercy dit que nous y verrons clair en novembre 2010. Mais c’est trop tard pour moi. Quand je décide de bâtir un collège,
je lance le projet en 2010, je le paye en 2011. Là, je ne lance rien car je ne sais pas combien je vais avoir dans mes caisses ! On crée du chômage tout simplement.
Ce que vous êtes en train de dire, c’est que les commandes publiques chutent. De combien ?
Pour le conseil général du Pas-de-Calais, cela représente aujourd’hui
50 millions d’euros. Soit un quart de la dépense d’investissement habituelle. Je baisse la voilure. On croit faire plaisir aux entreprises avec cette disparition de la taxe professionnelle,
c’est tout l’inverse, ce sont elles qu’on pénalise
A combien de signatures en êtes-vous sur votre pétition
en ligne ?
3 500 signatures en une semaine. Nous allons la distribuer tout en
boîte avec le journal du département, nous allons demander aux conseillers généraux de faire passer le message. Avec les quelques députés et sénateurs UMP du département, je vais passer aux
travaux pratiques. Par exemple, je vais expliquer au député-maire du Touquet qu’il ne peut pas faire son Enduro sans les 100 000 euros du département. S’il n’intervient pas sur la taxe
professionnelle, hé bien, il ne les aura pas, ses 100 000 euros.
C’est de la
vengeance…
Non, de la prévention.
Quel bénéfice attendez-vous de cette pétition
?
J’espère que la population va comprendre des choses, que nous avons un président de la
République qui nous mène droit au mur. Un beau jour, la cocotte-minute va exploser. On ne peut pas provoquer tous ceux qui n’acceptent pas de se courber devant la politique sarkozienne.
Aujourd’hui, nous assistons à la mise au pas des collectivités locales.
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