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FDESR 62

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Si vous accé­dez à l'Elysée le 6 mai 2012, quelles mesures prendrez-vous en prio­rité pour l'école ?

La droite laisse une dette éduca­tive par­ti­cu­liè­re­ment lourde et plu­sieurs chan­tiers devront être menés de front. Je ferai d'abord adop­ter un cer­tain nombre de mesures d'urgence, dès mon élec­tion, pour limi­ter autant que pos­sible les fer­me­tures de classe et d'écoles, et faire en sorte que la ren­trée pro­chaine se passe dans les meilleures condi­tions. J'engagerai ensuite, dès l'été, une vaste concer­ta­tion avec les ensei­gnants, les parents, mais aussi le milieu asso­cia­tif et les col­lec­ti­vi­tés locales pour refon­der entiè­re­ment notre école. L'heure n'est plus à une énième réforme sec­to­rielle. Je veux pro­po­ser un pro­jet éduca­tif glo­bal et cohé­rent, avec un seul objec­tif : la réus­site à l'école pour tous et par­tout. La lutte contre l'échec sco­laire sera donc ma grande prio­rité. Il faut trai­ter les dif­fi­cul­tés à la racine, dès qu'elles appa­raissent : les efforts seront concen­trés sur l'école mater­nelle et pri­maire et sur les zones en difficulté.


Vous avez dit récem­ment qu'il fau­dra « tout reprendre » en matière de poli­tique éduca­tive. Reconnaissez-vous néan­moins quelques réus­sites au gou­ver­ne­ment actuel ?

Le bilan du gou­ver­ne­ment actuel en matière d'éducation est sans appel. Même la réforme du lycée, qui dans sa concep­tion n'était pas inin­té­res­sante, a vu ses aspects posi­tifs réduits à néant par la pénu­rie de moyens et les sup­pres­sions de postes. Nicolas Sarkozy a affai­bli l'école mora­le­ment, humai­ne­ment et maté­riel­le­ment car il a voulu y appli­quer le modèle du mar­ché. Les valeurs de l'école répu­bli­caine ont été atta­quées en leur cœur. La laï­cité a été mise à mal et le rôle des pro­fes­seurs méprisé. Les dif­fé­rentes réformes — non rem­pla­ce­ment d'un fonc­tion­naire sur deux, sup­pres­sion de la for­ma­tion des ensei­gnants, assou­plis­se­ment de la carte sco­laire, déman­tè­le­ment des réseaux d'aide aux élèves en dif­fi­culté... — se sont tra­duites par un effon­dre­ment des résul­tats des élèves fran­çais. Nous le voyons dans toutes les études indé­pen­dantes. Et comme tou­jours, ce sont les plus fra­giles qui en ont été les pre­mières victimes.


Votre pro­po­si­tion de recréer 60 000 postes en cinq ans est très cri­ti­quée par vos adver­saires. Est-il rai­son­nable, vu le contexte actuel, d'avancer une telle pro­po­si­tion ? Ne peut-on pas faire mieux avec les moyens existants ?

Contrairement au gou­ver­ne­ment actuel, je ne consi­dère pas l'école comme un coût, mais comme un inves­tis­se­ment ! L'école d'aujourd'hui, c'est l'emploi et la crois­sance de demain, c'est aussi la condi­tion de notre vivre ensemble. Cela mérite qu'on y consacre les moyens néces­saires. Il est bien sûr pos­sible de mieux uti­li­ser les moyens exis­tants mais cela ne suf­fit pas. Pour amé­lio­rer les péda­go­gies, pour revoir les rythmes sco­laires, pour lut­ter contre l'échec sco­laire et per­mettre à chaque élève de réus­sir, des moyens sup­plé­men­taires sont néces­saires. D'autant que nous par­tons de très bas : la France a le taux d'encadrement des élèves le plus faible des 34 pays de l'OCDE.

Que préconisez-vous en termes de rythmes sco­laires à l'école ? Y a-t-il un problème ?

La réforme des rythmes sco­laires est essen­tielle. Les rythmes actuels ne res­pectent pas les rythmes bio­lo­giques et psy­cho­lo­giques de l'enfant. Ils sont source de fatigue, de stress, et donc d'échec. La géné­ra­li­sa­tion de la semaine de quatre jours a aggravé tout cela. En pri­maire, nos enfants ne vont plus à l'école que 144 jours par an, contre envi­ron 180 en Allemagne ou 190 au Royaume-Uni. A l'inverse, les jour­nées de classe sont beau­coup plus longues et char­gées que chez nos voi­sins. Je sou­haite allé­ger ces jour­nées et mieux répar­tir le temps sco­laire. Cela pas­sera inévi­ta­ble­ment par le retour à la semaine de quatre jours et demi et par un allon­ge­ment de l'année. Nous en par­le­rons bien entendu avec l'ensemble de la com­mu­nauté éducative.


La carte sco­laire a été assou­plie en 2007 à la demande de Nicolas Sarkozy. Reviendrez-vous en arrière ?

Oui, car les consé­quences de cet assou­plis­se­ment ont été néfastes pour notre sys­tème éduca­tif : mise en concur­rence des établis­se­ments pour atti­rer les meilleurs élèves, accrois­se­ment des inéga­li­tés et, en défi­ni­tive, recul de la mixité sociale et sco­laire. Or celle-ci est autant la garan­tie de la construc­tion du vivre ensemble qu'un moyen d'augmenter le niveau géné­ral de nos élèves. Je recon­nais tou­te­fois que la carte sco­laire telle qu'elle exis­tait avant n'atteignait pas tous ses objec­tifs. Elle était même par­fois contre-productive. Je pro­po­se­rai donc la mise en place d'une sec­to­ri­sa­tion plus juste, fon­dée sur le cri­tère de mixité sco­laire, dans le cadre de sec­teurs aux péri­mètres élar­gis et établis en concer­ta­tion avec les col­lec­ti­vi­tés, en asso­ciant parents et établis­se­ments. Cette nou­velle sec­to­ri­sa­tion sera accom­pa­gnée par une poli­tique volon­ta­riste d'éducation prio­ri­taire car offrir une école de qua­lité à tous nos enfants, où qu'ils habitent, est la meilleure et la plus juste des manières de lut­ter contre l'évitement.


Concrètement, com­ment comptez-vous lut­ter contre l'échec scolaire ?

Nous nous atta­que­rons aux dif­fi­cul­tés et aux inéga­li­tés là où elles naissent : à la mater­nelle et au début du pri­maire, et dans les quar­tiers popu­laires. Beaucoup des mesures que j'ai annon­cées s'inscrivent dans cette idée : déve­lop­pe­ment de la sco­la­ri­sa­tion des enfants de deux ans, mise en œuvre du prin­cipe « plus de maîtres que de classes » en cycle 2 (Grande Section, CP, CE1), réta­blis­se­ment des RASED sup­pri­més par le gou­ver­ne­ment, ren­for­ce­ment de l'éducation prio­ri­taire, mise en place de dis­po­si­tifs favo­ri­sant la sta­bi­lité des équipes péda­go­giques dans les établis­se­ments sen­sibles, diver­si­fi­ca­tion des méthodes et des outils péda­go­giques. La recons­truc­tion d'une for­ma­tion de qua­lité pour les ensei­gnants et la révi­sion des rythmes sco­laires par­ti­ci­pe­ront aussi de cet objectif.

A ces mesures pré­ven­tives vien­dront s'ajouter des méca­nismes de « rac­cro­chage » per­met­tant aux jeunes sor­tis pré­co­ce­ment du sys­tème éduca­tif de réin­té­grer un cur­sus struc­tu­rant et for­ma­teur. Un ser­vice public de l'orientation pro­fon­dé­ment rénové aura ainsi l'obligation de pro­po­ser à cha­cun de ces jeunes une réponse adap­tée à sa situa­tion indi­vi­duelle, qu'il s'agisse d'une for­ma­tion, d'un appren­tis­sage ou d'un ser­vice civique. Aucun d'eux ne devra être laissé sans solution.


Et que proposez-vous pour amé­lio­rer la for­ma­tion des enseignants ?

Aujourd'hui, il ne s'agit plus de l'améliorer, mais de la recons­truire. Avec la réforme de la mas­te­ri­sa­tion, 70% des nou­veaux ensei­gnants se retrouvent devant une classe sans aucun bagage péda­go­gique et sans jamais avoir ren­con­tré un seul élève ! Or ensei­gner est l'un des métiers les plus beaux mais aussi les plus durs qui soient. Il ne s'improvise pas, il doit s'apprendre.

Je recons­trui­rai donc une for­ma­tion des ensei­gnants digne de ce nom en réta­blis­sant l'année de stage et en créant, au sein des uni­ver­si­tés, des Ecoles supé­rieures du pro­fes­so­rat et de l'éducation. Ces Ecoles seront char­gées de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle des ensei­gnants, ainsi que de la relance et de la dif­fu­sion de la recherche péda­go­gique. Tous les pro­fes­seurs, qu'ils se des­tinent à ensei­gner en mater­nelle ou à l'université, y par­ta­ge­ront un moment de for­ma­tion com­mun. Je sou­haite égale­ment qu'il y ait un meilleur équi­libre entre connais­sances dis­ci­pli­naires, didac­tique et pra­tique pro­fes­sion­nelle. Les pro­fes­seurs doivent être en mesure d'assurer l'ensemble des tâches qui font par­tie du métier d'enseignant : trans­mettre le savoir, mais aussi gérer une classe par­fois dif­fi­cile, accom­pa­gner indi­vi­duel­le­ment les élèves, accueillir les enfants en situa­tion de han­di­cap, par­ler aux familles, tra­vailler en équipe, uti­li­ser le numé­rique. Je met­trai aussi l'accent sur la for­ma­tion conti­nue que l'on oublie trop souvent.


Nous ferons enfin en sorte de finan­cer des études longues, avec une filière de pré-recrutements de façon à orien­ter les voca­tions et à aider les jeunes à finan­cer leurs études.

 

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Benoît Hamon

Nicolas Sarkozy ou la stigmatisation des musulmans

Le porte-parole du Parti socialiste a en premier lieu réagi à la campagne de Nicolas Sarkozy: sa remontée est "principalement due au fait qu'il a agrégé l'électorat d'une partie de la droite la plus dure [...] sur une thématique récurrente, la stigmatisation des musulmans qui a été une politique et qui est maintenant un objet de commerce électoral". Selon lui, Nicolas Sarkozy se fait ovationner "sur des terrains qui créent du désordre" et ne répondent pas aux préoccupations des Français.

Des propositions pour l'emploi et la réindustrialisation

Puis Benoît Hamon a expliqué la campagne de François Hollande: "aujourd'hui les réponses de François Hollande portent sur les premiers sujets de préoccupation des Français mais dont on ne parle pas". Avant de revenir sur ses propositions : "on propose 150 000 emplois d'avenir sur les banlieues, on propose un contrat de génération qui fera rentrer des jeunes sur le marché du travail, on propose sur les questions de réindustrialisation qu'on empêche une entreprise de s'opposer à la reprise d'un site qu'elle ferme par un repreneur pour maintenir l'emploi ".

Aider les PME

Enfin le porte-parole explique les propositions pour relancer l'économie: "baisser la fiscalité sur les PME, les aider à l'investissement, investir dans la filière des énergies renouvelables et soutenir le pouvoir d'achat des Français". Et de conclure: "on peut être rigoureux sur l'usage des deniers publics, mais relancer l'économie".

 

 

 

 

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Dans une longue interview au quotidien Le Monde, François Hollande annonce qu'il créera une commission d'enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur "les éventuelles failles" dans la gestion des drames de Toulouse et de Montauban. Il décrit l'ensemble des enjeux face à la hausse du racisme et de l'antisémitisme en France ainsi que pour mettre un terme aux fautes commises ces dernières années en matière de laïcité au sommet de l'Etat. Il rappelle toutefois que les principaux défis de la campagne concernent le pouvoir d'achat et l'emploi, ce qui exigera une négociation du Traité européen, portée par une majorité "solide et solidaire".

Voici l'intégralité de cet entretien : 

 

Après les événements de Montauban et de Toulouse, peut-on parler d'une résurgence de la menace terroriste ? 

Il n'y avait pas eu d'attentat terroriste en France depuis 1996, mais la menace n'a jamais disparu. Al-Qaida est décapité, mais reste présent dans beaucoup de pays, notamment en Afrique où sa branche dite du "Maghreb islamique" détient des Français en otage. Nous devons renforcer nos dispositifs de renseignements et de surveillance.


Yves Bonnet, l'ancien patron de la direction de la surveillance du territoire (DST, aujourd'hui remplacée par la direction centrale du renseignement intérieur, DCRI), soupçonne Mohamed Merah d'avoir été un "indic" de la DCRI. Cette thèse vous paraît-elle crédible ?

Si nous n'étions pas en campagne, il y aurait déjà, au plan parlementaire, des demandes d'information. Après l'élection, des commissions d'enquête devront nécessairement se pencher sur toutes les questions. Je m'engage, si je suis élu, à ce que toute la clarté soit faite sur les éventuelles failles. J'en tirerai toutes les conclusions.

Y a-t-il, selon vous, une montée du racisme et de l'antisémitisme dans les quartiers ?

Le racisme et l'antisémitisme montent partout, avec d'autres formes. Le pire serait de le nier. C'est pourquoi nous devons redoubler de vigilance et ne rien tolérer, y compris face à l'intégrisme. Je n'ai pas compris comment un ministre de l'intérieur avait pu, il y a quelques années [Nicolas Sarkozy, en 2003] , se rendre à une réunion de l'UOIF [Union des organisations islamiques de France] au Bourget, et s'exprimer devant une salle où les hommes et les femmes étaient séparés. De même, on a longtemps fermé les yeux en laissant entrer sur notre territoire des prêcheurs islamistes munis de passeport qatari. Il est regrettable de feindre de le découvrir aujourd'hui. 

Une rupture vous semble-t-elle nécessaire avec la "laïcité ouverte" défendue par Nicolas Sarkozy ?

L'approximation dans les mots a révélé encore une inconstance, au point que la laïcité a été tantôt affaiblie par certains propos, tantôt brandie selon les circonstances.

C'est ainsi que le président sortant a pu évoquer la "supériorité" du curé ou du pasteur sur l'instituteur, ou indiquer que "l'espérance, c'est de croire" tout en reprenant la polémique sur les abattages rituels pour la refermer ensuite. La laïcité est à la fois la reconnaissance de la liberté de conscience et la garantie du vivre ensemble dans la République. La laïcité, c'est de considérer que chaque citoyen n'a jamais une religion "d'apparence".

Après Toulouse, pouvez-vous faire campagne comme avant ?

Ce drame a introduit une gravité supplémentaire dans la campagne, mais il n'a pas changé les priorités des Français : l'emploi, le pouvoir d'achat, l'éducation et la santé. L'enjeu de l'élection présidentielle est simple. Il se résume à une seule interrogation : les Français veulent-ils continuer ou changer ? Poursuivre pendant cinq ans de plus une politique qui a échoué ou ouvrir un nouveau temps : celui du redressement dans la justice. C'est toujours le grand débat entre la peur et l'espoir, la résignation et la volonté. Mon devoir, c'est de rendre le souhaitable possible, et le possible souhaitable.


Comment réagissez-vous à la montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages ?

Qu'il y ait de la colère face aux désordres engendrés par le capitalisme financier et de l'indignation face aux injustices, comment ne pas le comprendre ? Toute la gauche en est l'expression. Mais ma responsabilité, c'est de gagner l'élection, et réussir à changer la politique de la France, et donner une autre direction à l'Europe.

J'ai en face de moi une droite rassemblée, autour d'un candidat qui ne cesse de faire les yeux doux aux électeurs tentés par l'extrême. Je n'ai jamais pensé que le combat serait simple et facile, que l'alternance serait mécanique. Voilà pourquoi le premier tour est décisif pour convaincre ensuite une majorité de Français bien au-delà du Parti socialiste.


Vous présentez la jeunesse comme votre priorité, mais les enquêtes d'opinion montrent que votre crédit auprès d'elle s'est considérablement effrité en quelques mois. Comment l'expliquez-vous ?

Ma volonté de mettre la jeunesse au cœur de mon projet n'est pas une démarche de séduction auprès d'une catégorie d'âge. C'est une grande cause nationale. L'ensemble de nos marges de manœuvres seront entièrement mobilisées autour de la réussite de la génération qui vient. De la petite enfance jusqu'à l'entrée dans l'emploi. D'où ma priorité pour l'école, mon engagement pour l'enseignement supérieur et ma proposition du contrat de génération pour en finir avec la précarité que vivent les moins de 30 ans.

Je veux renouer avec la promesse républicaine. C'est la condition pour relever le doublé défi, économique et citoyen, que doit relever notre pays dans les prochaines années.

Pouvez-vous clarifier votre position exacte sur la discipline budgétaire décidée au niveau européen ? Si vous étiez élu, la soutiendrez-vous ou la remettrez-vous en question ?

C'est parce que la France a un niveau de dette publique record, 90 % de la richesse nationale, que je veux réduire les déficits et rétablir notre souveraineté à l'égard des marchés financiers. Pas parce que l'Europe nous demande de le faire, mais parce que nous ne pouvons pas transmettre à la génération suivante le fardeau de nos propres dépenses. Mais le retour à l'équilibre des comptes publics sur cinq ans que j'ai annoncé ne pourra se faire sans croissance. D'où ma volonté de renégocier le traité budgétaire qui, aussitôt écrit, est déjà contesté, puisque les Espagnols ont déjà expliqué qu'ils s'en affranchiraient pour l'année 2012. Comme l'a dit Jacques Delors, ce traité est "une usine à gaz", mais privée en plus de l'énergie de la croissance.


On vous reproche de ne pas parler de réduire les dépenses publiques. Parce que vous ne voulez pas les réduire ou parce que vous ne voulez pas le dire ?

Mais je le dis ! Dès lors que nous aurons une progression de 1 % en volume des dépenses publiques, si la croissance est elle-même supérieure à 1 %, la part des dépenses publiques dans la richesse nationale diminuera. J'ai indiqué très clairement mes priorités : éducation, justice et sécurité. Dans tous les autres domaines, il y aura des efforts à faire. J'entends notamment revenir sur les niches fiscales des particuliers comme des entreprises, et introduire de la conditionnalité dans les 25 milliards d'euros d'exonérations sociales, c'est aussi ça, réduire la dépense. Ce qui ne nous dispensera pas d'une réforme fiscale qui apportera justice, clarté et rendement.

Le rejet de Nicolas Sarkozy demeure fort dans l'opinion, mais on note peu d'enthousiasme pour votre campagne. Comment y remédier ?

La vie pour une majorité des Français est dure. La crise est là avec son cortège de souffrances, d'inquiétudes et parfois de doutes. L'échec du candidat sortant n'a pas amélioré l'image de la politique. Et pourtant, je sens depuis un an un mouvement se lever.

J'ai largement remporté la primaire, et à chacun de mes déplacements, mes concitoyens m'encouragent et m'appuient. Il me demande d'aller jusqu'au bout. Laissez-moi vous faire cette confidence : je préfère gagner une élection présidentielle avec un peu moins d'enthousiasme que de la perdre avec beaucoup plus de ferveur.


Mais peut-on éviter, en campagne présidentielle, éviter de recourir à la "dimension affective" ?

L'élection présidentielle est une rencontre. Entre un moment, une espérance portée par notre pays, et un homme ou une femme pour l'incarner. Je porte une démarche cohérente et exigeante. Si les Français me confient la direction du pays, je demande à être jugé sur mes deux engagements : aurais-je amélioré la situation des jeunes en terme d'emploi et de réussite scolaire ?, aurais-je rendu mon pays plus juste ?

Tous ceux qui vous soutiendront au second tour auront-ils vocation à rentrer au gouvernement ?

Ils seront partie prenante de la majorité présidentielle. Et ils auront donc vocation à prendre leur part dans l'exercice de la responsabilité gouvernementale sur la base du projet que j'ai présenté aux Français. Mais je ne veux forcer personne.


Souhaitez-vous que le Front de gauche y soit représenté ?

A lui d'en décider. Ce qui compte pour moi, c'est que la majorité soit solide et solidaire.


Envisagez-vous de pratiquer l'ouverture ?

Non. L'expérience de l'ouverture a été une inconvenance démocratique. Elle a été suffisamment décevante pour celui qui l'a engagée et suffisamment cruelle pour ceux qui l'ont acceptée pour ne pas être rééditée.


Avez-vous en tête le nom de votre premier ministre ?

Ce choix dépendra des conditions de l'élection. Le premier ministre sera le chef de la majorité. Il aura à obtenir la confiance du Parlement. Là encore, le candidat sortant a tout confondu : chef d'Etat, chef de majorité, chef de parti. Ce n'est pas mon intention.


En quoi la pratique du président Hollande romprait-elle avec celle du président Sarkozy ?

D'abord, par sa cohérence. Ce quinquennat n'a été qu'une suite de décisions contradictoires : des cadeaux fiscaux au plus favorisés en début de mandat, puis des prélèvements sur tous à la fin, l'austérité succédant à l'irresponsabilité budgétaire, MM. Kadhafi et Bachar Al-Assad reçus en grande pompe avant que l'on se convainque, à juste raison, qu'ils étaient des dictateurs massacrant leur peuple... Je veillerai donc à être constant dans les choix et dans la durée. Le pouvoir ne sera pas sa captation : le gouvernement gouvernera, le Parlement délibérera, les partenaires sociaux négocieront, et les élus seront dotés de nouvelles responsabilité à travers un nouvel acte de décentralisation. Enfin, le prochain chef de l'Etat devra rassembler. Dans les mots comme dans les actes. Avec le double souci de l'exemplarité et de l'impartialité de l'Etat.


Dans l'affaire Bettencourt, faut-il que Nicolas Sarkozy s'explique ?

 S'il était avéré que des fonds en liquide ont été versés à un parti dans le cadre d'une campagne électorale, celle de 2007, ce serait d'une gravité telle que le candidat concerné devrait forcément en rendre compte. Non seulement de telles pratiques sont totalement interdites, et seraient de nature à entacher l'élection elle-même, mais relèveraient d'une fraude fiscale de grande ampleur.


 

Retrouvez cette interview sur le site Lemonde.fr

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