Tél : 03 21 42 33 22
Fax : 03
21 13 45 11
mail : fdesr@nordnet.fr
Adresse :
48, rue François Gauthier
BP 370
62335 LENS Cedex

Pour aller voter le 6 mai, munissez-vous de votre carte nationale d'identité, de votre passeport ou de toute autre pièce d'identité valable. La carte électorale n'est pas indispensable.
Pour retrouver votre bureau de vote pour le 6 mai, le mieux reste de s'adresser à la mairie de votre commune. De nombreuses villes disposent d'un service dédié sur Internet. C'est le cas notamment de la ville de Paris. Vous pouvez également contacter votre mairie par téléphone.
Pour le 6 mai, votre choix est déjà fait. En revanche celui de vos amis, de votre frère, de votre sœur, de vos parents ou de vos enfants n'est peut-être pas certain. Par un simple coup de fil vous pouvez leur rappeler d’aller voter, de faire entendre leur voix le 6 mai, comme tous les citoyens français. Un simple sms envoyé aux contacts de votre téléphone portable pourrait faire toute la différence.
Par ailleurs, n'hésitez pas à parler aux jeunes qui vous entourent de l'importance du vote. Certains votants de cette élection avaient 8 ans le 21 avril 2002 … Vous pouvez évoquer, avec ceux qui hésitent, les conséquences de l’abstention ce jour-là.
Vous avez jusqu’au samedi 5 mai, le plus tôt possible, pour établir votre procuration au commissariat ou tribunal d’instance le plus proche. Confiez votre vote à une personne de confiance et exprimez votre choix.
Avant de partir à votre bureau de vote le 6 mai n’hésitez pas à faire un détour chez votre voisin de palier, le couple d’amis qui habite dans votre rue, votre commerçant du coin, et les encourager à venir voter avec vous. Ils ont sans doute besoin d’un peu de motivation. Faites le trajet avec eux jusqu’à votre bureau de vote le 6 mai.
Vous trouverez ci-dessous la revue de presse PQR de ce jour, avec notamment :
LA DEPECHE DU MIDI
François Hollande : "Si je suis élu..."
PROPOS RECUEILLI PAR JEAN-CLAUDE SOULÉRY ET JEAN-PIERRE BÉDÉÏ
Avant le débat télévisé qui l'opposait hier soir à son adversaire, François Hollande a reçu « La Dépêche du Midi » à son QG de campagne, avenue de Ségur à Paris. C'était l'occasion de faire le point avec le candidat de gauche sur cette campagne qui s'achève, de préciser une dernière fois les axes forts de son projet et enfin d'évoquer l'avenir…
Comme François Mitterrand, vous terminez votre campagne par un grand meeting à Toulouse. La gauche a-t-elle besoin de symboles pour se raccrocher à l'Histoire ?
Oui, les symboles comptent en politique. Toulouse est la Ville rose où François Mitterrand a terminé ses campagnes victorieuses.
Mais, c'est aussi le symbole d'une tragédie récente qui a endeuillé les Français. Et qui a aussi montré qu'ils étaient capables de surmonter ensemble les épreuves et d'aller de l'avant. Pour toutes ces raisons, je souhaitais me rendre à Toulouse pour ce grand rassemblement.
Quelles images allez-vous retenir de cette campagne ?
Le souvenir le plus douloureux restera précisément celui de ce père et de cette mère terrassés par la douleur dans cette école Ozar Hatorah à Toulouse.
Mais il y a eu aussi des joies très fortes lors de meetings enthousiastes, comme au Bourget et à Bercy. Et puis aussi des rencontres, des Français qui m'ont alerté sur leurs situations, je pense notamment à des personnes handicapées qui m'ont demandé de parler davantage d'eux en terme de citoyenneté.
Précisément, que vous a appris cette campagne présidentielle sur vous-même et sur la politique ?
La nécessaire résistance à tout, aux attaques, aux épreuves ; la cohérence indispensable pour être capable de susciter la confiance ; et puis enfin l'obstination. J'étais candidat alors que d'autres prétendaient l'être au sein de mon parti, et je n'ai pas douté, je n'ai jamais varié, j'ai franchi toutes les étapes. Désormais je suis, à trois jours du scrutin décisif, confiant et tranquille. J'ai fait ce que j'avais prévu de faire, et j'espère accomplir demain ce que les Français me donneront à faire.
Nicolas Sarkozy a déclaré que cette campagne était plutôt apaisée par rapport à celles qu'il avait connues auparavant. Est-ce aussi votre avis ?
Chaque campagne a eu ses moments de tension et parfois de conflits rudes. Souvenons-nous de 1988 et du face-à-face qui a opposé Jacques Chirac et François Mitterrand « les yeux dans les yeux ». Il y a toujours eu des passions qui se sont emparées des présidentielles. Mais je n'ai pas le souvenir qu'en 2007 il y ait eu autant d'outrances, de caricatures. Lors de cette campagne, que n'a-t-on dit sur moi ? Que j'étais soutenu par 700 mosquées et que Tariq Ramadan appelait à voter pour moi. Tout cela est faux et a été démenti ensuite… Combien de fois ai-je été décrit de façon animalière par les porte-parole du candidat sortant ? C'était là un manque de respect de ma personne et, surtout, un manque de considération de l'enjeu que représente l'élection présidentielle. Les Français attendent qu'on réponde à leurs préoccupations en matière d'emploi, de pouvoir d'achat, de logement, de santé, de services publics, de réindustrialisation.
À ce propos, on vous reproche d'être le candidat de la dépense publique avec la création de postes dans l'Education nationale, la police…
Mon projet est fondé sur la maîtrise de la dépense publique. Mais il ne s'agit pas des mêmes économies, ni des mêmes dépenses, ni des mêmes choix que ceux du candidat sortant. J'ai une priorité : la jeunesse. Et j'assume la création de 12 000 postes dans les métiers de l'Education nationale. Le candidat sortant, lui, a supprimé 80 000 postes d'enseignants. Est-ce que le déficit de l'Etat a été pour autant maîtrisé ? Non. La dette publique a augmenté de 600 milliards. Il y a eu du laxisme dans la gestion de Nicolas Sarkozy, des cadeaux fiscaux ont été accordés aux plus privilégiés, et enfin des coupes claires dans l'Education mais aussi dans la santé. La question n'est pas tant de savoir qui dépense le plus ou qui dépense le moins, mais de savoir qui dépense le mieux. De même, la question n'est pas de savoir qui va augmenter les impôts, car de toute façon ils seront relevés, mais de savoir sur qui on fera porter les efforts. Moi, je veux la justice et je veux des efforts équitablement répartis.
Qu'est ce qui vous permet de croire que les partenaires européens et notamment Angela Merkel vont « bouger » sur l'Europe comme vous le dites ?
Si l'Europe ne donne plus à espérer aux peuples qui ont adhéré à ce beau projet, alors elle risque la montée des populismes, des nationalismes, et à terme son éclatement. Tout ce qui a été patiemment construit - la paix, la prospérité, le rapprochement entre les peuples - serait remis en cause. Aussi, je me dois d'alerter les chefs d'Etat et de gouvernement : nous devons faire de l'Europe un continent de solidarité, de progrès, de croissance et de protection. C'est le sens du vote du 6 mai. La solution, ce n'est pas, comme le dit le candidat sortant, le retour aux frontières, cela n'a pas de sens ! On ne va pas se couper du monde. La solution, c'est la croissance. Et à cet égard, les choses commencent à bouger : les pays concernés par l'austérité disent qu'ils n'en peuvent plus, la Banque centrale européenne parle d'un pacte de croissance, le président du Conseil européen dit qu'il est prêt à réunir après l'élection présidentielle un Conseil européen informel consacré à ce sujet. Le mot croissance est revenu dans les discours publics. Avant même que l'élection présidentielle française n'ait livré son vainqueur, les Européens ont évolué dans le sens de la croissance. Certes, Mme Merkel reste ferme sur le traité budgétaire, mais nous devrons négocier et chacun devra faire des efforts pour aller dans le sens de l'intérêt général de l'Europe. Cela suppose aussi le respect des normes sociales et environnementales dans les échanges commerciaux. Je mettrai cette question à l'ordre du jour de l'Europe, car la mondialisation a besoin de règles.
Vous arrive-t-il de penser que Nicolas Sarkozy a parfois raison ?
En matière de politique étrangère, cela peut m'arriver. Ainsi, la position de la France sur la Syrie n'appelle de ma part aucune critique. En matière économique, Nicolas Sarkozy a évoqué la réciprocité pour les marchés publics - c'est une mesure que je défends moi-même depuis des années. Mais il lui arrive aussi trop souvent de changer d'avis ! Ainsi à propos des exilés fiscaux, alors qu'il n'a rien fait durant son quinquennat. De même, il fait mine de découvrir en fin de mandat l'ampleur de ses échecs aussi bien sur le plan de la politique commerciale qui connaît un déficit du commerce extérieur de 70 milliards d'euros, que sur le plan de la justice fiscale où il a tellement consenti de cadeaux aux plus grandes fortunes, qu'il s'étonne maintenant qu'elles ne paient plus d'impôts…
Cette présidentielle n'a-t-elle pas relancé le débat entre la droite et la gauche sur la productivité du travail et le partage du travail ?
Nicolas Sarkozy, c'est l'austérité avec 4 millions de chômeurs, dont 1 million de plus depuis le début de son quinquennat. C'est aussi la précarité du travail avec la montée des contrats à durée déterminée, de l'intérim et des emplois précaires. Nicolas Sarkozy, c'est aussi la souffrance au travail, c'est la dévalorisation du travail (le SMIC n'a pas eu de coup de pouce depuis quatre ans), ce sont surtout les avantages donnés au capital.
La gauche, elle, a comme premier devoir de donner davantage de travail, non pas par le partage du travail, mais par la formation, la croissance, le soutien à l'industrie, la banque publique d'investissement. Notre devoir, c'est le redressement productif.
Si vous êtes élu, que pourrez-vous faire pour lutter contre les plans sociaux qui sont annoncés après le 6 mai ?
Pourquoi prévoit-on de tels plans de licenciements ? Parce qu'ils ont été retenus, reportés, différés ! C'est inacceptable. Ce n'est pas ce qu'on est en droit d'attendre d'un pouvoir responsable et de dirigeants d'entreprises soucieux de leurs propres intérêts. Pour les plans sociaux qui seraient motivés seulement par le rendement boursier, je serai intraitable. De façon générale, je ferai en sorte que le chômage partiel soit privilégié par rapport aux licenciements. Je préfère des salariés qui restent dans l'entreprise avec des temps de travail diminués mais compensés, plutôt que des licenciements.
Quelle sera votre première décision de Président ?
Ce sera de former un gouvernement paritaire et de baisser de 30 % les rémunérations du président de la République et des ministres. Ma deuxième décision sera en faveur des jeunes : ce sera la caution solidaire qui leur permettra d'accéder au logement plus facilement. Cette mesure sera prise par décret avant même l'élection d'une nouvelle Assemblée nationale. Je revaloriserai aussi l'allocation de rentrée scolaire de 25 %. Enfin sera reconnu le droit, pour ceux qui ont cotisé 41 ans, de pouvoir partir à la retraite à 60 ans.
Vous venez de parler d'un gouvernement. Sera-t-il resserré ? Y aura-t-il des membres de la société civile ?
Ceux qui ont annoncé un gouvernement resserré n'ont jamais tenu cet engagement, à commencer par le candidat sortant. Laissons cela aux proclamations de campagne. En revanche, je ferai en sorte que les ministres ne cumulent pas les mandats et qu'ils n'aient pas d'autres activités que celles de diriger leur ministère. Une charte de déontologie sera établie pour proscrire tout conflit d'intérêt. En ce qui concerne les ministres issus de la société civile, je n'ai jamais pensé que c'était une bonne formule. La fonction politique est une fonction exigeante, qui ne s'improvise pas. Souvent des personnalités excellentes dans leurs domaines professionnels n'ont pas été pour autant de bons ministres. La responsabilité politique ne ressemble à aucune autre.
Accomplirez-vous, comme le fit François Mitterrand au Panthéon, un geste symbolique ?
Chaque président qui commence son mandat doit accomplir un acte symbolique. Je n'y ai pas encore songé, car je respecte le vote des Français, mais ce sera un acte de réconciliation, de rassemblement, pour qu'aucun Français ne puisse avoir un doute sur mon état d'esprit.
François Bayrou pourrait-il être davantage qu'un allié objectif ?
Tout dépendra de lui. Je ne veux forcer ni négocier avec personne. Il n'en reste pas moins que, comme tout citoyen, François Bayrou devra faire un choix. Souhaite-t-il laisser au pouvoir le président sortant pendant cinq ans de plus ? Ou bien pense t-il que ce que je représente est davantage respectueux des Français et utile à notre pays ?
Lors des législatives, dans l'hypothèse d'une triangulaire PS-UMP-FN où le PS arriverait en troisième position, le PS doit-il se désister en faveur de l'UMP ?
Si le PS ne peut être présent au second tour, j'ai toujours dit qu'entre le Front national et la droite, je faisais une différence ; cette différence, je l'ai déjà faite en 2002 lorsqu'il s'était agi d'écarter Jean-Marie Le Pen et de choisir Jacques Chirac. Je n'ai pas changé d'avis et je n'aurai pas d'autre attitude.
Nicolas Sarkozy a dit que s'il gagnait il s'impliquerait personnellement dans la campagne législative. Ferez-vous de même ?
Je dirais aux Français que je souhaite disposer d'une majorité. Car choisir un Président, c'est aussi lui donner la possibilité de diriger la France et d'avoir un gouvernement qui lui permette de travailler dans la durée avec une équipe cohérente et solidaire. Mais je ne m'impliquerai pas dans la campagne. Etre chef de l'Etat, ce n'est pas être chef de la majorité - ça c'est le rôle du Premier ministre - et c'est encore moins être chef de parti. Par cette déclaration, Nicolas Sarkozy confirme donc sa conception de la présidence : président de tout pour n'être responsable de rien ! Ce n'est pas ma vision. Je veux être un Président actif, responsable et respectueux des autres pouvoirs.
Qu'est-ce qui l'emporte chez vous, une part de doute ou de confiance ?
La confiance, je pense qu'elle est le mot clef dans l'action publique ; on doit être digne de la confiance des Français et on doit savoir accorder la confiance aux membres de son équipe. Mais aussi aux Français dont les pouvoirs doivent être respectés à travers les corps intermédiaires, les associations, les partenaires sociaux, les élus. Ce qui fait la réussite d'un quinquennat, c'est cette double confiance qui permet à un pays de surmonter bien des épreuves quand celui qui est à sa tête a été capable d'instaurer ce lien. Quant au doute, il existe toujours par rapport aux résultats d'une élection, car les Français sont seuls maîtres de leur destin.
DEBAT
Midi Libre
La NOTE Sarkozy
6,1 sur 10
Moyenne des notes attribuées à Nicolas Sarkozy par dix journalistes de la rédaction de 'Midi Libre' à l'issue du débat télévisé hier soir.
LA NOTE Hollande
6,8 sur 10
Moyenne des notes attribuées à François Hollande par dix journalistes de la rédaction de 'Midi Libre' à l'issue du débat télévisé hier soir.
Hollande-Sarkozy: attaques et contre-feux
La Charente libre
Les deux candidats à la présidence de la République ont débattu hier soir durant 2h30 Quelques vifs échanges ont ponctué un face-à-face souvent
technocratique
François Hollande et Nicolas Sarkozy ont ferraillé sur les chiffres, mais ne se sont fermement opposés que sur la fin du débat.
Le premier plan du débat a annoncé la couleur : une contre-plongée sur un studio en rectangle aux angles arrondis avec au centre une table en X délimitant l'espace
comme un ring. Costumes sombres et cravates unies, Nicolas Sarkozy et François Hollande démarrent très fort. Les deux adversaires sont censés dire «dans quel état d'esprit» ils abordent cette
unique confrontation directe avant le 6 mai.
Comme un futur président du «redressement et du rassemblement» en rupture avec un quinquennat qui a «divisé», commence François Hollande. Il n'en faut pas plus à
Nicolas Sarkozy pour se justifier, réaffirmer qu'il n'y a «jamais eu de violences» sous sa présidence.
Le ton monte vite d'un cran : Nicolas Sarkozy dégaine en direction de la CGT qui appelle à voter Hollande «contre toutes les traditions syndicales». Puis enchaîne
sur les insultes dont il aurait la cible de la part «des amis» du candidat socialiste: «On m'a comparé à Franco, à Hitler, Mme Aubry à l'escroc Madoff».
David Pujadas et Laurence Ferrari ont du mal tenir le fil conducteur du débat censé commencer par les questions économiques, l'emploi, le pouvoir d'achat et la
dette. Car, après un début hésitant, François Hollande a répondu coup pour coup, à l'inverse de la posture de «l'anguille» pronostiquée par Jean-François Copé. A sa manière, ironique. «Vous
aurez du mal à vous faire passer pour une victime», lance-t-il. L'échange musclé dure près d'un quart d'heure provisoirement conclu par Nicolas Sarkozy qui intime à son adversaire de ne pas
«ajouter l'outrance au mensonge».
Mais quand les deux entrent enfin dans le vif du sujet du chômage, le ton remonte illico. «Vos chiffres sont faux» assène Nicolas Sarkozy, prenant à témoin les
adversaires de François Hollande lors de la primaire socialiste, citant Martine Aubry, pour dénoncer «l'absurdité» du contrat intergénérationnel de son interlocuteur.
Dans la position de l'agressé, Hollande cisèle ses piques: «Vous êtes toujours très content de vous-même. Les Français le sont moins». Le candidat-président alterne
entre la condescendance et l'attaque en piqué. «Ce n'est pas le concours de la petite phrase» essaie-t-il comme pour tempérer le débat avant de dénoncer en rafale «les mensonges» et la
«démagogie» de François Hollande.
Les deux candidats tentent tant bien que mal d'expliquer leurs propositions respectives. Mais l'interruption guette à chaque phrase. A ce jeu, Nicolas Sarkozy
montre des signes de nervosité : quelques tics secouent ses épaules, ses mains reprennent les pans de sa veste. Surtout quand François Hollande moque sa «propension terrible à avoir toujours à
l'esprit le mot mensonge».
Nicolas Sarkozy se reprend alors. Condescendant, Il prend le contre-pied avec une technique éprouvée: mettre l'adversaire face à ses contradictions d'opposants
notamment vis-à-vis de «l'exemple allemand», passe au nucléaire alors que la question porte sur le pouvoir d'achat et le prix de l'essence à la pompe.
Hier soir, les deux candidats s'étaient préparés pour un débat sans concession. A un combat musclé. Il l'a été. Dans les limites de la virulence du débat
politique.
Hollande-Sarkozy : face-à-face tendu
Sud Ouest
C'est un débat relativement équilibré, sans véritable gagnant, qui s'est déroulé hier soir. Les deux candidats se sont rendu coup pour coup
Deux costumes sombres. Un ton solennel de présidentiable. On les annonçait opposés, différents, si éloignés l'un de l'autre. Ils se sont montrés en duo à la hauteur
de la fonction de locataire de l'Élysée. Ce sont finalement des personnalités quelque peu semblables, sur la forme tout au moins, qui sont apparues aux Français. Ce débat a débuté dans la
modération, l'écoute, et n'est réellement monté en tension qu'à la fin, lorsque le style de présidence et l'affaire DSK ont été évoqués.
1. Deux candidats en habit de président
Le challenger dans les sondages, qui devait boxer à la façon de Ségolène Royal en 2007, a retenu ses coups une bonne partie de la soirée. Nicolas Sarkozy s'est
clairement mis dans le costume du président des Français qu'il est depuis cinq ans. François Hollande, qui avait également endossé ce rôle depuis quelques semaines, n'a pas changé de registre.
Cela a donné, dans les premières minutes, un surprenant mimétisme entre ces deux candidats, sans réelle agressivité ni violence, chacun se disputant la palme du meilleur rassembleur, accusant
l'autre de diviser les Français, demandant poliment la parole tout au long de la discussion.
Les premiers coups sont tout de même partis, mais avec retenue. Ils n'ont vraiment porté que sur les sujets les plus clivants, comme l'immigration. Mais chacun dans
son style tout de même. Nicolas Sarkozy a multiplié les exemples concrets, les références au passé de la gestion socialiste et aux autres pays européens. François Hollande s'est accroché au bilan
du sortant, n'a rien lâché sur chaque affirmation de son concurrent. Au fil des minutes, deux visions opposées de la direction du pays sont finalement apparues en pointillé de ces
échanges.
2. Une bataille rangée de chiffres
C'est probablement une conséquence de l'ordre choisi pour les thèmes de débat. Mais très rapidement, cette confrontation a tourné à la bataille de chiffres, plutôt
égale pour ce qui est des connaissances des dossiers et des références à des rapports officiels. Ce pugilat comptable a débuté avec les chiffres du chômage. François Hollande insistant sur
l'augmentation importante du chômage en France, Nicolas Sarkozy choisissant des statistiques qui montrent que la France a fait mieux que ses voisins européens sur l'emploi. Les candidats ont
finalement montré que l'on peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut. Sur plusieurs exemples, les deux avaient souvent raison, et les arguments se sont très souvent annulés. La confrontation
s'est poursuivie sur les bienfaits et méfaits comparés de la TVA sociale et du déficit, avant de se tendre sur l'immigration et le nucléaire.
3. Les plus et les moins de Hollande
En particulier durant la première heure, le candidat socialiste a fait un bon débat, et n'a presque jamais été déstabilisé. Il a de nouveau montré à la fin sa
solidité sur le style de présidence. On peut affirmer qu'il n'a pas perdu, et parfois même gagné sur certains thèmes. Il s'est montré précis, dense, incisif sur le bilan du sortant, et surtout il
n'a pas donné corps à l'une des grandes critiques de l'UMP sur son inexpérience et son manque de connaissances. Il a repris à différents moments le président-candidat sur des faits, des chiffres
avec une certaine assurance. Il a simplement semblé un moment déstabilisé sur l'immigration, un peu moins sur le nucléaire. Mais François Hollande a manié la formule assassine avec une certaine
aisance, distillant quelques piques bien senties.
4. Les plus et les moins de Sarkozy
Comme en 2007, Nicolas Sarkozy a choisi un autre registre que celui qu'on lui connaît, endossant le rôle du président plutôt que celui du candidat en retard. Il a
voulu porter le débat sur des chiffres précis, des propositions concrètes, mais a également fait souvent référence à des déclarations. Dans ce registre, il a montré ses qualités habituelles,
celles de la conviction et de la volonté, associées à une évidente connaissance des dossiers. Lui aussi s'est montré pugnace à plusieurs reprises, particulièrement lorsqu'il a mis François
Hollande dans les cordes sur l'immigration et le droit de vote des étrangers. Il n'a pas manqué non plus de faire des références aux amis socialistes de son concurrent, et pas très heureuses
concernant DSK. Au point de paraître à la fin du débat presque résigné.
Après l'heure du bilan, le choc des projets
Nord Eclair
Dette, chômage, immigration... Les deux finalistes se sont opposés hier soir lors du traditionnel débat, François Hollande renvoyant à son bilan Nicolas Sarkozy qui
a accusé le candidat PS de mentir.
Les candidats se présentent, première joute. « Je serai le président de la justice parce que nous traversons une crise dure, grave qui touche les plus
modestes », a tout d'abord dit François Hollande. « Je veux aussi être le président du rassemblement » car pendant « des années les Français ont été opposés les uns aux
autres, divisés ». Nicolas Sarkozy n'a pas tardé à contre-attaquer : « Il n'y a pas eu de divisions.
La France, dans ces 4 années de crise, a avancé dans un mouvement de réformes continu (...) Il y a ceux qui parlent de rassemblement et puis il y a ceux qui l'ont
fait vivre ». Le rassemblement, un mot qui a divisé les deux rivaux. « Le rassemblement c'est quand on parle au peuple de France, a dit Nicolas Sarkozy. Je ne suis pas l'homme d'un
parti. Pour être président, il faut parler à tous, y compris ceux qui n'ont pas vos idées, (...) C'est peut-être ce qui fait notre différence ».
« Moi je ne distingue pas le vrai travail du faux (...), a rétorqué François Hollande. Je n'oppose pas les salariés du privé et du public, je n'essaie pas de
savoir qui est né ici depuis combien de générations, nous sommes tous Français et nous devons nous retrouver dans le même effort ».
Bataille de chiffres sur le chômage. Le candidat socialiste a déclaré que « le chômage a augmenté, si l'on prend l'ensemble des personnes inscrites, d'un
million » pour atteindre « 4 millions de personnes », ou « de 700 000 » si « l'on prend les personnes qui n'ont aucune activité ». M. Hollande faisait référence
aux chiffres des demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi. « C'est beaucoup, c'est énorme. C'est un record » et « c'est un échec », a martelé M. Hollande en rappelant
au président-candidat son objectif formulé en 2007 de ramener le taux de chômage à 5 % au bout de cinq ans.
« Les chiffres de M. Hollande, ils sont faux », a rétorqué Nicolas Sarkozy. Prenant cette fois les chiffres de l'Insee correspondant à la définition du
chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), le candidat UMP a expliqué que « le chômage a augmenté de 422 000, ce qui est trop, entre 2007 et 2011, soit une augmentation de
18,7 % ». « Je ne me glorifie pas d'une augmentation de 18,7 » mais, a-t-il ajouté, « nous avons un taux de chômage qui a augmenté deux fois moins que (la moyenne de) nos
partenaires de la zone euro ».
La question des déficits. « Cette dette publique est née de vos largesses fiscales pour les plus favorisés et de cette incapacité qui a été la vôtre de
maîtriser la dépense publique », a dit François Hollande. « Vous voulez moins de riches, moi je veux moins de pauvres », a fustigé Nicolas Sarkozy, accusant son rival de
« laxisme » et de « folie dépensière ».
Immigration et droit de vote des étrangers. M. Hollande a fait une des rares annonces du débat en se disant prêt à aller, s'il était élu, jusqu'au référendum sur le
droit de vote des étrangers non communautaires aux municipales. « On a une radicalisation et une pression d'un islam de France alors que nous voulons un islam en France, a répondu Nicolas
Sarkozy. Je considère comme irresponsable de proposer un vote communautariste et un vote communautaire alors que nous sommes face à des tensions extraordinairement fortes ».
L'Europe. Même si l'Europe n'a pas été au centre du débat, M. Hollande a rappelé son projet de renégocier le nouveau traité européen et reproché à son rival de
n'avoir rien obtenu de Berlin dans la gestion de la crise.
« Je ne peux mettre cela que sur l'incompétence, pas sur la mauvaise foi », a répondu M. Sarkozy, l'accusant de découvrir « le fil à couper le
beurre » en proposant la taxation des transactions financières, déjà votée par le Parlement français.
Le "grand débat" a eu du mal à prendre de la hauteur
Midi Libre
Le débat télévisé d'hier soir.
Nicolas Sarkozy a traité mercredi soir de "petit calomniateur" son rival François Hollande, qui l'accusait d'avoir procédé à des nominations "partisanes" dans les
ministères, l'administration et les établissements publics, lors de leur débat radiotélévisé.
"Vous avez nommé vos proches partout"
"Vous avez nommé vos proches partout, dans tous les établissements, dans tous les ministères, dans toutes les préfectures, dans toutes les administrations. Vous
avez nommé vos proches, y compris dans les établissements bancaires, partout, y compris à Dexia", a lancé M. Hollande.
"Ca, c'est un mensonge, c'est une calomnie, vous êtes un petit calomniateur en disant cela", lui a rétorqué M. Sarkozy. "C'est exactement ce que vous avez fait et
sur les membres de la magistrature, c'est incontestable", a riposté le candidat socialiste.
"Mensonge, calomnie"
"Sur la présidence de la commission des finances (de l'Assemblée nationale), la majorité aurait pu la garder, c'est la présidence la plus prestigieuse, c'est elle
qui certifie les comptes de l'Etat, c'est un député socialiste qui l'occupe (Jérôme Cahuzac, ndlr)", a poursuivi M. Sarkozy.
De l'électricité dans l'air
La Provence
Les finalistes du scrutin présidentiel se sont affrontés hier à la télévision durant près de 3 heures d'un débat musclé.
Au coeur du combat, François Hollande et Nicolas Sarkozy ne se sont rien épargnés. Ce débat aura surpris par son mordant, mais sans large vainqueur ni grand vaincu
au final.
À trois jours du scrutin décisif, le duel au sommet tant attendu n'aura pas bousculé le rapport de forces installé depuis le premier tour. Cet affrontement entre
deux hommes, deux visions, deux personnalités aura donné lieu à près de trois heures d'échanges musclés, entrecoupés de quelques tunnels chiffrés, arbitrés par Laurence Ferrari et David
Pujadas.
Entrant rapidement dans le vif des hostilités, les finalistes de l'élection présidentielle auront été batailleurs, techniques, denses, souvent armés de
formules-banderilles, voire ironiques. Mais peu seront à graver dans l'Histoire. Ce débat qui aura surpris par son mordant, sans large vainqueur ni grand vaincu, aura été l'ultime occasion pour
François Hollande qui a viré en tête au soir du premier tour avec 28,63 % des voix et pour Nicolas Sarkozy, le président sortant qui tente de mobiliser son camp, de rallier les indécis à leur
cause. Morceaux choisis du dernier match avant la finale de dimanche soir.
21 h 04, la première, montée au filet
Nicolas Sarkozy monte immédiatement au filet. "C'est assez classique", reprend-il à la première prise de parole de François Hollande qui évoque "le président de la
justice, du redressement et du rassemblement" qu'il souhaite devenir. Costume bleu sombre pour les deux protagonistes, le débat s'enflamme vite. "Être vrai", exhorte le challenger qui n'a rien à
perdre, offensif, contraint d'envoyer ses premières cartouches.
"Vous ne pouvez pas penser que j'esquiverai", lui répond le favori des sondages, tentant de démentir ceux qui ont pris l'habitude de dénoncer cette posture qu'ils
lui prêtent. Nicolas Sarkozy, la voix contenue, s'insurge sur les propos d'une campagne parfois violente. "Vous aurez du mal à passer pour une victime", assène, alors, un François Hollande un peu
dérouté par ce début pugnace où le candidat de l'UMP, ne trompant personne, fustige "l'outrance et le mensonge" pour mieux déminer un terrain qui aurait été glissant pour lui.
21 h 30, le piège du déficit, du commerce extérieur
Les deux opposants se livrant à une bataille de chiffres ennuyeuse sur la thématique de l'emploi engagent une nouvelle passe d'armes à propos du bilan du chef de
l'État à la tête du pays, la carte maîtresse que son rival socialiste a choisi d'abattre rapidement. Au pied du mur, Nicolas Sarkozy abat lui aussi son joker, questionnant son interlocuteur sur
le chiffre du déficit du commerce extérieur.
"Si vous savez, vous le dites !", insiste-t-il en une figure oratoire qui semblait préparée. "Vous n'êtes pas là pour me dire ce que je sais et ce que je ne sais
pas, vous n'êtes pas là pour me donner des notes." La réponse relance Hollande qui fend l'armure, prend de l'assurance et ne manque pas de matraquer son contradicteur sur les résultats du
quinquennat sarkozyen. "Avec vous, ce n'est jamais de votre faute, quoiqu'il arrive vous êtes content !". Sarkozy crie au "mensonge" et le candidat PS joue le contre, plutôt gagnant, feignant
avec ironie les regrets. "Je vous présente mes excuses, vous êtes très mécontent."
22 heures, le ton qui monte
Les 1 800 milliards de dette sont au coeur des hostilités. François Hollande énonce ses propositions et accuse son adversaire de largesses fiscales. Nicolas Sarkozy
se rebiffe par un : "Vous mentez". Les deux hommes s'emballent. "C'est un leitmotiv qui finit par être une habitude." Une heure après le début de la confrontation télévisée, malgré des monologues
ultrachiffrés de part et d'autre, le socialiste semble plus à l'aise, a trouvé son rythme pour monter au front. Le sortant UMP ne lâche rien, tâclant son rival sur un terrain attendu, celui des
bisbilles internes au PS d'avant-campagne. "Vous avez toujours un socialiste qui sert de référence", riposte celui d'en face jouant de la pirouette pour contourner le piège de l'édredon. Et
prenant la main la où on ne l'attendait pas.
22 h 30, la partie de ping-pong se poursuit sur l'Europe
Les deux bretteurs continuent de se rendre coup pour coup en se lançant au visage l'Espagne socialiste de Zapatero et l'Italie de Silvio Berlusconi. "Je ne suis pas
votre élève", lance Nicolas Sarkozy excédé reprenant à son compte une bribe de formule qui avait fait mouche en 1981.
22h45, embrouillamini autour de la rétention des étrangers
Le thème de l'immigration est enfin abordé. Nicolas Sarkozy tente de pousser son concurrent dans ses retranchements. Pour ou contre le principe de la rétention ?
"Ambiguïté", clame l'hôte de l'Élysée. "Digression", objecte celui qui brigue son poste.
23h05, l'immigration
"Je suis debout sur mes convictions", attaque François Hollande à propos de la chasse aux voix d'extrême droite tandis que Nicolas Sarkozy pointe ses revirements
sur le voile intégral notamment. "Pas vous, pas ça", avance-t-il l'accusant de "varier comme une girouette".
23 h 20 "Moi, président"
La vision de leur présidentialité prend des allures d'un procès à charge de la part de François Hollande égrenant les fautes de son adversaire, répétant "Moi,
président de la République", pour enfoncer le clou et donner l'estocade.
Nicolas Sarkozy agacé dégaine aussitôt : "Vous êtes un petit calomniateur." L'ambiance est aussi violente que glaciale. "Je n'ai pas de leçon à recevoir d'un parti
qui a voulu se rassembler derrière Dominique Strauss-Kahn", renchérit le Président qui laisse tomber ses dernières salves concluant par un "Ponce Pilate" vengeur. "Vous connaissez la vie privée
de vos amis ? Moi pas", répondra le champion du PS.
23h45, la conclusion
Le climat électrique retombe au moment d'évoquer le chapitre de l'international. Les deux fines lames rangent les épées et concluent. "Que les Français n'aient pas
peur", appuie Hollande. "Je souhaite les conduire dans ce monde en difficulté", termine Sarkozy. Qui aura finalement convaincu les hésitants parmi les 6,4 millions d'électeurs de Marine Le Pen et
les 3,2 millions de Bayrouistes. Comme souvent, chaque camp sortira satisfait. Intense et de qualité, ce débat pimenté fera-t-il les plus belles heures des archives de l'Ina ?
Un débat incisif et tendu entre Hollande et Sarkozy
La Voix du Nord
D'emblée, le débat a tourné à la confrontation entre les deux candidats, reléguant au second plan les thèmes principaux.
François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont retrouvés face-à-face hier soir lors d'un débat électrique, à J - 4 du dimanche décisif qui verra l'un d'eux
remporter la neuvième élection présidentielle française.
> Les questions économiques. Après un début offensif qui a rapidement tourné à la confrontation, les deux hommes sont entrés dans le vif des questions
économiques, avec chacun sa stratégie bien calée : attaque du bilan pour François Hollande, et réformisme malgré la crise pour Nicolas Sarkozy. « Jamais notre déficit commercial n'a été
aussi déséquilibré, jamais », a lancé M. Hollande. Ironisant sur les arguments répétés par l'UMP ces derniers mois, il a ajouté : « Ça n'est pas la faute de Lionel Jospin ou même de
François Mitterrand, c'est votre participation à la responsabilité du pays. » Défendant son bilan, par exemple la suppression de la taxe professionnelle, Nicolas Sarkozy a lancé :
« Vous admettrez que de 2007 à 2012, il y a eu quatre années de crise. » « Avec vous, c'est très simple ça n'est jamais de votre faute :"Ça n'est pas moi, c'est la crise qui a
frappé". »
> La TVA sociale et l'exemple allemand. Évoquant cette « TVA antidélocalisation », qui entrera en vigueur en octobre mais que le candidat PS a promis
d'abroger en cas de victoire le 6 mai, François Hollande a estimé qu'elle allait peser sur le pouvoir d'achat des Français et « dégrader la croissance ». Nicolas Sarkozy a cité en
exemple l'Allemagne pour défendre sa mesure. « L'Allemagne a fait la TVA antidélocalisation que je propose, trois points, vous la refusez », a lancé le candidat UMP à son adversaire. Ce
que réfute François Hollande : « La TVA antidélocalisation en Allemagne n'a été que d'un point. » « L'Allemagne a fait la TVA antidélocalisation de trois points et elle en a
affecté un point aux réductions de charges et les autres à la réduction du déficit », a alors complété Nicolas Sarkozy. Le 1er janvier 2007, Berlin a relevé son taux normal de TVA de 16 % à
19 %, un seul point toutefois étant affecté à la baisse des charges patronales, dans l'intention de combattre les délocalisations, le reste allant tout simplement au budget de l'État. Selon
François Hollande, les treize milliards d'euros d'allégements de cotisations patronales financés par une hausse de la TVA de 19,6 % à 21,2 % et une augmentation de la CSG sur les revenus du
capital représenteront « 300 euros de moins sur le pouvoir d'achat». L'industrie ne touchera, selon lui, que trois milliards de ces baisses de cotisations, contre huit milliards pour les
services, dont sept cents millions pour les banques.
> Le chômage. Selon le candidat socialiste, « le chômage a augmenté, si l'on prend l'ensemble des personnes inscrites, d'un million » pour atteindre
« quatre millions de personnes », ou « sept millions » si « l'on prend les personnes qui n'ont aucune activité ». M. Hollande faisait référence aux chiffres des
demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi, sans activité ou avec une activité réduite. « C'est beaucoup, c'est énorme. C'est un record » et « c'est un échec », a martelé M.
Hollande en rappelant au président-candidat son objectif formulé en 2007 de ramener le taux de chômage à 5 % au bout de cinq ans.
« Les chiffres de M. Hollande, ils sont faux », a rétorqué Nicolas Sarkozy. Prenant cette fois les chiffres de l'INSEE, le candidat UMP a expliqué que
« le chômage a augmenté de 422 000, ce qui est trop, entre 2007 et 2011, soit une augmentation de 18,7 % ». « Je ne me glorifie pas d'une augmentation de 18,7 % », mais,
a-t-il ajouté, « nous avons un taux de chômage qui a augmenté deux fois moins que (la moyenne de) nos partenaires de la zone euro. »
> Droit de vote des étrangers. François Hollande a affirmé qu'il était prêt à aller jusqu'au référendum sur le droit de vote des étrangers non communautaires aux
municipales s'il n'obtenait pas de majorité des trois-cinquièmes au Parlement. « Pour faire passer cette réforme, il nous faudra avoir une majorité des trois-cinquièmes. (...) S'il y a une
majorité des trois-cinquièmes (...) la réforme passera. S'il n'y a pas de majorité, ce sera au peuple français et seulement au peuple français de pouvoir en décider », a expliqué le candidat
socialiste. Il a rappelé qu'il défendait « depuis des années » cette position, soulignant que son rival Nicolas Sarkozy « y était favorable », en l'ayant « écrit en
2001 », « rappelé en 2005 » et « confirmé en 2008 ».
« Mais vous n'aviez pas la majorité. Vous avez parfaitement le droit de changer. Moi, je ne change pas ! » a-t-il poursuivi. « Je considère que ces
personnes qui sont sur notre territoire depuis longtemps, qui payent des impôts locaux, doivent pouvoir participer au scrutin municipal. C'est ce qui existe dans la plupart des pays
européens », a-t-il fait valoir . Dans la foulée, François Hollande s'est engagé à ne pas tolérer la viande halal dans les cantines des écoles, ni à accepter des horaires de piscine
différents hommes-femmes.
En attendant le président 21 h 38…
Deux candidats prêts à sortir de leurs gonds. Thèmes de friction ? L'autosatisfaction et le mensonge. Très français ! On savait François Hollande agacé par le
narcissisme attribué à Nicolas Sarkozy. Inversement, on connaissait l'irritation du président sortant pour l'esquive supposée de celui-là. Les deux personnalités se frottent après une suite de
déclarations successives. D'un côté, celui qui s'y voit déjà ; de l'autre celui qui s'estime trop attaqué. En chiens de faïence. Puis en coqs gaulois.
Résumé :
– H : « Pourquoi êtes-vous toujours si content de vous-même ? »
– S : « C'est un mensonge ! »
– H : « J'ai dû me tromper, vous êtes mécontent de vous… »
– S : « On n'est pas dans le concours de la petite blague… »
– H : « Mais pourquoi avoir toujours en tête le mot mensonge ? »
– S : « C'est vous qui avez utilisé le mot mensonge… »
– H : « Je… »
David Pujadas : « On enchaîne si vous le voulez bien. »
Enchaîner, drôle de verbe. Un combat de coqs devenu presque aussi beau que du Samuel Beckett : en attendant le président ! Plus tard, on comprit qu'il ne fallait
pas noyer le poisson, faire l'autruche, suivre les moutons, jouer à la cigale, imiter le paon ou vendre la peau de l'ours… Bref, était-ce l'épreuve de vérité annoncée ? Plutôt une tension
délibérée. Lui c'est lui moi c'est moi. Dimanche soir, on n'attendra plus, on saura qui affronte le monde complexe d'aujourd'hui. Bon courage, c'est pas fabuleux 2012.
Comme des jeux de rôle entre élève et instituteur
La Montagne
Nicolas Sarkozy a tenté d'apparaître comme celui qui « apprenait quelque chose » à François Hollande sur un sujet économique, le candidat PS lui
rétorquant qu'il n'était pas là « pour donner les notes », puis prenant à son tour des airs d'instituteur un peu plus tard dans le débat radiotélévisé.
« Vous parlez du déficit de la balance commerciale, il est de 70 milliards, c'est exact. Savez-vous pour combien pèse l'énergie fossile dans les
70 milliards, le savez-vous au moins ? », attaque Nicolas Sarkozy.
« Oui oui, je le sais, mais », répond Hollande.
- NS : « Dites-le alors, si vous le savez »
- FH : « Pardon »
- NS : « Si vous le savez, vous le dites, c'est 63 milliards ».
- FH : « Cela a toujours pesé dans le commerce extérieur, puisqu'il y a toujours un prix du pétrole qui a été élevé, il l'est plus en ce moment mais il
n'empêche, en enlevant le prix du pétrole, vous avez le déficit du commerce extérieur »
- NS : « Monsieur Hollande [], je vais me permettre de vous apprendre quelque chose »
- FH : « Mais non, mais vous ne m'apprendrez pas »
- NS : « Très respectueusement, [] vous connaissiez le chiffre de 70 milliards, et vous ignoriez que sur les 70 milliards »
- FH : « Mais pas du tout ! Vous n'êtes pas là pour dire ce que je sais ou ce que je ne sais pas ! C'est pas vous qui posez les questions, qui donnez les
notes dans cet exercice ».
- NS : « Je ne donne aucune note, mais quand vous vous trompez, je préfère vous le dire [] 63 milliards viennent du coût des énergies
fossiles ».
Un peu plus tard dans le débat, François Hollande a tenté de renvoyer la pareille, cette fois sur le sujet des impôts, interrogeant son rival : « Je
voudrais savoir quel est exactement le niveau des prélèvements obligatoires aujourd'hui ».
« On ne peut pas me reprocher d'avoir fait des cadeaux aux riches », a répondu Nicolas Sarkozy, immédiatement interrompu.
- FH : « Répondez à ma question : quel est le niveau des prélèvements obligatoires aujourd'hui ? »
- NS : « Je n'ai pas à répondre à votre question »
- FH : « Donc vous ne pouvez pas répondre ? »
- NS : « Je ne vais pas répondre à votre question, je veux développer mon raisonnement. Contestez-vous que nous avons les impôts les plus élevés d'Europe
? »
- FH : « Si vous m'interrogez, je vais répondre : donc vous avez augmenté les prélèvements obligatoires sous votre quinquennat de près d'un point et
demi ».
Enfin, encore un peu plus tard, au sujet de Silvio Berlusconi, l'ex-chef du gouvernement italien, François Hollande a interrogé son rival : « Berlusconi,
il est bien de votre parti, en tout cas au niveau européen ». « Non, ce n'est pas exact », a dit Nicolas Sarkozy. « Il est bien du PPE ? », a repris le candidat
PS.
- NS : « M. Berlusconi est berlusconiesque ».
- FH : « Non, non, est-ce qu'il est du PPE ou pas du PPE (Parti populaire européen) ? Répondez à cette question ! »
- NS : « Merci, je ne suis pas votre élève [] j'y répondrai après vous avoir dit ce que j'ai à vous dire ( ) M. Berlusconi n'est pas dans mon parti
».
Florilège de quelques répliques acerbes.
Sarkozy à Hollande : « Quel Père la vertu vous faites. »
Hollande à Sarkozy : « Vous n'êtes pas capable de tenir un raisonnement sans être désagréable ».
Sarkozy à Hollande : « Vous mentez ! »
Hollande à Sarkozy : « Moi, je protège les enfants de la République, vous, vous protégez les plus privilégiés ».
Sarkozy à Hollande : « Vous êtes fâché avec les chiffres, vous êtes de la Cour des comptes, vous devriez connaître les chiffres ».
Hollande à Sarkozy : « Vous n'êtes pas là pour dire ce que je sais ou ce que je ne sais pas ».
Sarkozy à Hollande : « Quand on cautionne des outrances, c'est qu'on a peur, c'est qu'on n'a pas la force de les dénoncer ».
Hollande à Sarkozy : « Vous aurez du mal à passer pour une victime et pour un agneau ».
Sarkozy à Hollande : « Vous êtes un petit calomniateur ».
Hollande à Sarkozy : « Encore ! Ça vous reprend ? [] Dans votre bouche, ça finit par être ridicule ».
Sarkozy à Hollande : « Toujours l'ambiguïté ! Vous venez de vous contredire ! »
Hollande à Sarkozy : « Vous êtes toujours content de vous ! »
Rafale d'escarmouches
La Montagne
Xavier Panon
Pas de round d'observation. Dès le début du débat, François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont affrontés, parfois violemment, mais en allant au fond des
arguments.
«Ponce Pilate », accuse Nicolas Sarkozy » qui veut mettre son adversaire en difficulté. « Présidence partisane », accuse François Hollande à
l'issue d'une longue tirade, en fin de soirée, où il avait défini sa conception de la présidence. En répétant « Moi président », il énumère sa volonté de respecter les Français, de
prôner une justice indépendante, d'avoir un comportement exemplaire et une série d'engagements exprimés comme autant de condamnations de la présidence Sarkozy.
Tout au long de la soirée, et sur tous les sujets, le président-candidat accuse son adversaire de mensonge. « Ça vous reprend », rétorque François
Hollande qui contre attaque : « Ce n'est jamais de votre faute. Vous êtes toujours content de vous ». « Laxisme et folie dépensière », accuse le
président-candidat.
Pendant deux heures et cinquante minutes, le « rendez-vous vérité » entre les deux finalistes du second tour a permis d'échanger des arguments en
faisant preuve d'une grande pugnacité et d'une violence verbale que l'on a pu sentir parfois à la limite du dérapage.
Mais les deux duellistes ont su garder leur contrôle avec chacun un objectif en tête : pour Nicolas Sarkozy, se montrer assez offensif pour débusquer son
adversaire. Pour François Hollande, faire preuve de fermeté et de stature présidentielle. Objectif atteint par chacun.
Sur la croissance, ils ont confronté leurs projets : réduction du coût du travail, formation, innovation pour Sarkozy. Création d'une banque d'investissement,
fiscalité nouvelle des entreprises, contrat de génération pour Hollande. Les chiffres valsent, sur la façon de réduire le prix de l'essence, de diminuer les déficits.
Nicolas Sarkozy attaque Hollande sur son programme d'économies. À l'aise, celui-ci tient bon, assume ses engagements comme les embauches de fonctionnaires, son
intention de négocier un pacte de croissance avec les Européens, sur l'immigration, le droit de vote des étrangers aux municipales, le nucléaire.
« Je veux changer, redresser le pays Que les Français n'aient pas peur », conclut François Hollande, qui aura résisté aux accusations d'incompétence et de
mensonges réitérées par Nicolas Sarkozy, souvent ramené à son bilan.
Le président-candidat, après être monté toute la soirée à l'assaut de son vis-à-vis, lance pour finir un appel aux électeurs du FN et aux centristes.
Hollande Au vif soulagement de ses soutiens, le candidat PS a «assuré » face au président sortant. Même si les échanges ont parfois été rugueux Pas «
explosé » par son rival
L’Est Républicain
François Hollande : Nicolas Sarkozy a « divisé » la France.
AU SIÈGE DE L’UMP, Jean-François Copé y voit aussitôt « un truc de com » organisé… par le candidat socialiste lui-même. A quelques mètres de l’entrée du studio du
débat, à La Plaine Saint-Denis, une manifestation de syndicalistes de PSA, d’Aulnay-sous-Bois, est venue rappeler aux finalistes du second tour son combat contre la fermeture envisagée de ce site
de production. A son habitude, François Hollande va au contact. Sans rien promettre, puisque ce n’est pas le moment, il dit « connaître le dossier » et assure aux ouvriers que, s’il est élu, lui
et eux se reverront. Ensuite, il s’attarde devant un micro pour dire son « état d’esprit ». Celui d’un homme « concentré » et serein, qui ne craint pas son rival et veut « convaincre » les
indécis, plus que jamais.
« Spoutnik »
Aux craintes de ses partisans, qui savent les qualités de débatteur et l’énergie de Nicolas Sarkozy dans la bagarre, François Hollande veut répondre par la «
zénitude ». Sur le plateau, qu’il compare en coulisse, curieusement, à un « spoutnik […] prêt au décollage », il confirme vouloir être « le président de la justice, du redressement et du
rassemblement ». Il attaque d’emblée son adversaire, frontalement, avec un zest d’ironie subliminal. Il évoque « le vrai et le faux travail », la mise en opposition du « public » et du « privé »,
les polémiques sur « qui est né ici et qui habite là », autant d’éléments du « bilan » d’un président sortant qui, selon lui, « oppose » et « divise » et a « heurté la France ».
La passe d’armes liminaire achevée, viennent les sujets de l’économie et de l’emploi. Quand, sur le coût de l’énergie fossile, Nicolas Sarkozy lui fait le « coup »
classique du président aux affaires, donc qui sait les choses, face à l’opposant qui, par définition, ne peut que les ignorer, François Hollande réagit. « Ce n’est pas vous qui posez les
questions et qui donnez les notes ! », s’insurge-t-il. « Quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe, vous êtes content ; les Français le sont moins, mais vous, vous êtes content », s’étonne encore le
candidat PS. Son interlocuteur proteste, assure que c’est faux. « Vous avez toujours dans votre esprit le mot mensonge », lâche François Hollande. Comme s’il s’agissait là, laisse-t-il supposer,
d’un symptôme révélateur des pratiques de son vis-à-vis. « Vous avez la propension à faire ce que vous reprochez à d’autres », ajoute-t-il. La psychanalyse n’est pas loin.
Ton professoral
Les arguments et les chiffres du député de Corrèze sont sans surprise. En une année de campagne, il a eu le loisir de les rôder. Ceux de son adversaire UMP ne le
sont pas moins. On sent François Hollande plus à l’aise, au fil du temps. L’échange est parfois rude, mais équilibré. A Nicolas Sarkozy qui fait allusion aux critiques connues de Martine Aubry ou
de Laurent Fabius envers lui, il propose d’égrener tout ce que des cadres de droite ont pu raconter sur leur propre candidat. Le souci de François Hollande, c’est de ne pas laisser une allégation
sans riposte. Quitte à s’affranchir des contraintes du chronomètre.
Comme c’était prévisible, c’est lorsque le débat aborde les problèmes internationaux que le candidat socialiste doit se défendre d’une « inexpérience » supposée. A
propos de l’Europe, et de sa volonté de renégocier le pacte budgétaire européen, Nicolas Sarkozy reprend son ton professoral, précise la nécessité des « compromis ». Les résultats obtenus par le
président et candidat UMP, François Hollande les voit plutôt comme un alignement sur les positions allemandes, pas comme une capacité à faire entendre la voix et défendre les intérêts de la
France. Au Parti socialiste, beaucoup sont soulagés. Il est près de 23 heures et le député de Corrèze n’a toujours pas « explosé », comme l’en menaçait son adversaire.
A LIRE AUSSI
TROIS QUESTIONS À…
Sud Ouest
Recueilli par Patrick Guilloton
HENRI EMMANUELLI
Député et président du Conseil général des Landes (PS)
1. Au terme de ce long débat, quel est votre sentiment général ?
Voilà trois semaines que M. Sarkozy annonçait qu'il allait « exploser » François Hollande lors de ce débat. Franchement, j'ai le sentiment que c'est le
contraire qui s'est produit.
J'ai écouté un Hollande en possession de ses moyens, fort de ses convictions, face à un président sortant, challenger agressif et nerveux. Sarkozy n'a pas hésité à
traiter son adversaire de « menteur » à six reprises (j'ai compté !). J'ajouterai que le comportement de Mme Ferrari a été assez insupportable, coupant Hollande quand Sarkozy était en
difficulté.
2. Sur le fond, quels sont les principaux éléments que vous retenez ?
C'est la contestation par M. Sarkozy de chiffres parfaitement incontestables, ceux de l'OCDE, du chômage. Dans ces moments, il refusait de voir la réalité en face,
c'était horripilant. Alors qu'il s'adressait à la France, on avait l'impression qu'il tenait un meeting devant les militants de l'UMP ! Reste que pour le sortant, le plus dur est intervenu
lorsque François Hollande a développé tout ce qu'il ferait en tant que président, autant de critiques par rapport à ce que nous venons de vivre durant cinq ans. Dévastateur ! Sarkozy était alors
à la sous-hauteur qui a été la sienne durant son mandat, ce qui reste attristant et affligeant pour notre République.
3. Ce débat va-t-il changer beaucoup de choses dans le résultat de dimanche prochain ?
Non. Ce qui est certain, c'est que Nicolas Sarkozy ne risque pas d'en tirer bénéfice. Face à un homme déterminé, il est apparu comme un « chicailleur de préau ».
Hier soir, Sarkozy a fini par me faire un peu de peine…
Derniers Commentaires