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FDESR 62

Retrouvez l'interview de Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, parue dans La Dépêche du Midi.

 

Les socialistes au pouvoir peuvent-ils encore se revendiquer de Jaurès ?

Jaurès était un pragmatique vertébré. Il partait d’un problème concret de la vie économique et sociale mais la réalité n’est pas sa finalité. Il voulait transformer la société. Aujourd’hui, les socialistes doivent s’inspirer de sa démarche. Ils doivent partir du réel et non d’une situation fantasmée afin de transformer et non pour s’adapter. Et ils doivent mener leur action dans la justice.

 

 François Hollande ne donne-t-il pas plutôt l’impression de s’adapter ?

François Hollande est arrivé au pouvoir, comme c’est souvent le cas pour la gauche, dans une situation contrainte. Contrainte budgétairement parce que la droite nous a laissé des déficits colossaux. Contrainte industriellement parce que nous avons encaissé des rafales de plans sociaux. Contrainte morale car le pays divisé doutait de lui-même. Avant de  procéder à de la redistribution, il faut remettre les compteurs à zéro et relancer notre processus industriel. Voilà pourquoi François Hollande mène une politique adaptée aux contraintes. La France aujourd’hui est au rendez-vous des réformes, mais c’est l’Europe qui n’est pas au rendez-vous de la croissance. Là réside la principale difficulté.

 

 Aujourd’hui, Jaurès serait-il du côté du duo Hollande-Valls ou du côté des frondeurs ?

Jaurès essaierait de faire l’unité ! Il voudrait redresser le pays économiquement mais il le ferait dans la justice. C’est ce que nous avons accompli à travers les mesures prises en faveur des petites retraites et des petits fonctionnaires sur le plan fiscal tout en aidant les entreprises dans leur compétition.

 

 Que faut-il attendre des Etats généraux du PS que vous lancez à la rentrée ? Encore une grande messe théorique ou idéologique ?

Le parti socialiste a besoin de reformuler sa carte d’identité. Il doit donc répondre à la question : qu’est-ce qu’être socialiste aujourd’hui ? Ensuite, le paysage électoral s’est modifié. .Avec l’émergence du Front national, nous sommes entrés dans le tripartisme. Dans cette configuration, il faut être au deuxième tour d’une élection. Pour cela, il ne faut pas jouer l’alternance classique du bipartisme traditionnel qu’on a connu entre la droite gaulliste et le PS. Il faut être identifié, et donc avoir une carte d’identité. C’est que nous allons faire. Nous définirons ainsi le socialisme moderne.

 

La gauche du PS voudrait que le congrès soit avancé au début de l’année prochaine. Pourquoi n’y êtes-vous pas favorable ?

Je ne suis fermé à rien. Je veux qu’on y réfléchisse ensemble. C’est pourquoi j’ai nommé une commission  pour fixer la date du congrès. Mais je ne veux pas un congrès bâclé ou d’opportunité. Il faut tenir compte de la date des élections cantonales et régionales.

 

C’est une manière de gagner du temps dans l’attente des résultats de la politique économique du gouvernement ?

Je ne crois pas qu’un congrès soit fait pour avoir un débat pour ou contre le gouvernement. Il est fait pour trancher des débats sur l’avenir et non sur le passé.

 

Après les municipales, la gauche perdra-t-elle le Sénat lors du prochain renouvellement en septembre ?

Non. Pour trois raisons. D’abord, la série qui sera renouvelée n’est pas défavorable à la gauche et au PS en particulier. Ensuite, la droite est divisée entre ses écuries présidentielles et cela se répercutera au niveau sénatorial. Enfin, le Front national va rafler un certain nombre de grands électeurs. La situation est donc beaucoup plus ouverte qu’on veut bien le dire.

 

Le retour probable de Nicolas Sarkozy à la rentrée vous inquiète-t-il ?

Ce qui m’inquiète, c’est la situation de l’UMP. A force de s’envoyer des boules puantes, c’est tout l’UMP qui sent mauvais. Mais on ne peut pas se satisfaire qu’un grand parti républicain soit dans cet état-là. Plus la droite est effondrée plus le FN progresse avec de graves conséquences dans la société française. Dès lors peu m’importe qui est à la tête de l’UMP.

 

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