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FDESR 62

Un président Dupilet « choqué, bouleversé », des élus « humiliés » par un « funeste projet » : l’avis exprimé le 6 mai par François Hollande (« je pense que les conseils généraux ont vécu ») a suscité l’émoi dans l’hémicycle arrageois, hier matin, avec un appel à la « résistance » contre la suppression envisagée dès 2017 d’une collectivité « efficace » et « exemplaire ».

« Ce n’est pas une séance folklorique, défouloir. Mettre un bonnet rouge, ce n’est pas notre genre, annonce en préambule le président Dupilet. Notre combat, c’est celui de la province contre Paris. Je ne joue pas contre mon camp, mais le plus possible pour sauver mon camp. » Et d’évoquer les enjeux : le maintien de la proximité de l’action publique pour une population en grande difficulté sociale et le sort de 7 000 agents, « dans l’inconnue la plus totale » depuis qu’il est question d’une suppression des conseils généraux dès 2017. « La droite l’a rêvé, la gauche l’a fait », déplore le vice-président socialiste Olivier Majewicz, qui en appelle à la « résistance ». « Je suis profondément décentralisateur et je ne veux pas d’une recentralisation de la France » avec des super-Régions préférées aux Départements.

Lecture « énarquo-parisiano-ubuesque »

« C’est tout le contraire qu’il faut faire », ose le député PS Michel Lefait avec sa casquette de vice-président du conseil général. La réforme territoriale étant « nécessaire et indispensable », il se déterminera quand un projet de loi sera présenté à l’Assemblée nationale « avec le souci de l’intérêt général ». Un autre vice-président, Hervé Poher, prend moins de pincettes pour dénoncer « la lecture énarquo-parisiano-ubuesque » de la réforme en gestation. Il parodie le livre La Politique pour les nuls pour égratigner le président de la République et son nouveau Premier ministre, évoquant un « dysfonctionnement technocratique de la démocratie. L’État français n’a pas de leçon à nous donner à nous, conseils généraux, pour annoncer vouloir faire des pseudo-économies. Pourquoi supprimer ce qui marche bien, ce qui est efficace ? »

« Nous n’avons pas à rougir... »

Plusieurs intervenants, comme Henri Dejonghe, soulignent le « travail de sape » qui aurait été mené par l’État auprès des Français avec l’idée du « millefeuille » administratif trop indigeste. Michel Dagbert déterre « cette graine qu’a semée Sarkozy selon laquelle il y aurait trop d’élus. Elle a germé chez certains citoyens, mais pas tous. Un élu coûte, mais s’il fait son travail, il rapporte à la collectivité. Nous n’avons pas à rougir du travail que fait le conseil général, comme le montre le rapport d’activité avec des réalisations comme la Coupole d’Helfaut, le centre culturel de l’Entente cordiale… Nous sommes une collectivité pertinente et bien gérée. »

Dans les rangs communistes, le sénateur Dominique Watrin voit « un signal fort de recentrage du pouvoir » dénoncé et combattu avec les projets d’aires et de Pôles métropolitains. Daniel Dewalle, lui, suggère la signature d’une pétition par les habitants du département, une journée « Pas-de-Calais en colère » avec la fermeture de tous les organismes publics, des mairies et la sortie des tracteurs pour rallier la préfecture.

Vote unanime

La visite d’une délégation d’élus à Matignon et à l’Élysée est aussi évoquée. Une idée qui convient à Jean-Claude Étienne, « socialiste et très hollandais », qui entend « montrer à Paris que nous sommes exemplaires. La territorialisation, c’est notre identité. Nous sommes un département qui s’est transformé au fil des années, dont la population qui souffre attend qu’on continue de l’accompagner. On ne doit pas payer pour les autres départements qui ont géré n’importe comment. »

Au nom de l’opposition de droite, Michel Petit a beau jeu de dénoncer « les contradictions et les revirements qui s’enchaînent » au sommet de l’État depuis 2012. François Hollande, c’est « l’agitation tous azimuts, sans cap, sans méthode ». Les élus du groupe Union@ction 62 disent « oui à la réforme, non à la chienlit », pour reprendre des accents gaulliens. Au moment de s’associer ou non à la motion des groupes PS et PC (lire ci-dessous), la droite demande une brève interruption de séance. Pour finalement joindre ses voix à celles également du MRC pour un vote unanime. Dominique Dupilet apprécie en concluant : « Il y a des jours dans la vie politique où la résistance exige l’union en faisant fi de ce qui nous divise. »

Le contenu de la motion adressée au pouvoir

Dans la résolution établie par le groupe socialiste et républicain et le groupe communiste et votée à l’unanimité, les élus du Pas-de-Calais « condamnent l’incohérence qui consiste à fixer un nouveau cap quelques mois à peine après avoir rétabli la clause générale de compétences, engagé un redécoupage généralisé des cantons et modifié le scrutin départemental ». Ils déplorent « la rupture dans le dialogue constructif qui s’était engagé depuis juillet 2013 entre l’État et les collectivités locales par le pacte de confiance et de responsabilité », mais aussi « la violence des propos tenus qui tendent à laisser entendre à la population que les Départements n’ont plus d’utilité » ou encore « le cynisme à l’égard de la collectivité quand l’État continue à s’appuyer massivement sur le Département pour assurer tout ou partie des compétences qui sont les siennes ».

Les élus du conseil général « exigent que le débat et le dialogue s’engagent avant que soit prise toute décision », ainsi que « de la cohérence en termes de calendrier. Comment pouvoir travailler à la mise en cohérence du niveau intermédiaire des collectivités sans connaître le nouveau périmètre des Régions, des intercommunalités et même des Pôles métropolitains qui pourraient voir le jour (Bassin minier et littoral) ? » Ils exigent aussi « que soit organisé un référendum sur l’organisation territoriale en France ».

En attendant la réaction de l’État, « nous appliquerons à la lettre les diverses préconisations avancées dans le discours devant la représentation nationale en matière de clarification des compétences, ce qui remet de fait en cause les différents partenariats engagés avec l’État en dehors de nos champs obligatoires, préviennent les élus signataires. Nous accentuerons le dialogue avec la population du Pas-de-Calais et les partenaires des territoires (…) pour réhabiliter la notion de dépense publique utile et pour faire la démonstration du caractère indispensable de notre action et sur les conséquences prévisibles du schéma simpliste proposé ». Et de brandir une ultime menace : « Si l’État continuait à vouloir passer en force en niant la démocratie sur la suppression des Départements à court terme, nous déciderions alors de suspendre les collaborations en cours avec lui sur les sujets où la contribution du Département est mise en œuvre. »

La Voix du Nord

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